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Ermonela Jaho triomphe dans Madama Butterfly

Grand succès de la saison 2008-2009 à l’Opéra de Cologne, la formidable Madama Butterfly signée vient d’être reprise pour la plus grande joie du public. Si la mise en scène aussi innovatrice que cohérente n’a rien perdu de son impact, la partie musicale du spectacle a encore gagné en qualité grâce à une distribution entièrement renouvelé.

Ainsi, en Pinkerton, Héctor Sandoval succède à faisant entendre un timbre bien plus solaire et des aigus autrement lumineux y compris un magnifique contre-ut à la fin du première acte. Acteur des plus intenses, il campe un lieutenant grandiloquent, voire rebutant, en phase à tout moment avec les intentions du metteur en scène. Dans le rôle de Suzuki, fait valoir une voix de mezzo jeune et belle, dans celui de Goro, , exhibe un remarquable talent de chanteur-acteur. Si le soir de la première, a répété son formidable Sharpless, il est remplacé au pied levé par Alfredo Daza lors de cette deuxième représentation. Très crédible scéniquement et doté d’importants moyens vocaux, son chant monochrome manque pourtant d’élégance.

Mais c’est l’interprète du rôle-titre qui décide du succès d’une production de Madama Butterfly – et là, l’Opéra de Cologne a fait un choix particulièrement heureux, plus heureux encore qu’en 2008. Excellente actrice, se jetant à bras le corps dans son rôle, et chanteuse formidable, s’avère digne de ses plus grands prédécesseurs. Sans difficulté aucune, elle triomphe des nombreuses difficultés du rôle – à commencer par une scène d’entrée toute en demi-teintes, couronnée d’un superbe ré-bémol suraigu. Puis, lentement, la voix commence à s’épanouir, à se parer de couleurs plus sombres, plus intenses : «Un bel di vedremo», magnifiquement construit, lui vaut la première ovation de la soirée avant que «Di tua madre» et une bouleversante scène de la mort arrachent les larmes à plus d’un spectateur. En cela, la jeune soprano albanaise est aidé par la direction à la fois énergique et souple de sachant établir, d’abord, l’équilibre difficile entre analyse et sentiment, avant de laisser libre-cours à l’émotion à la fin des actes II et III. Un grand soir donc comme il y en a de plus en plus à l’Opéra de Cologne depuis que la direction a changé…

Crédit photographique : © Catherine Ashmore

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