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Mélancolies brahmsiennes par Philippe Cassard

Au cours de ses dix dernières années, n’écrit plus que de la musique de chambre, des pièces vocales, pour orgue, et ces Klavierstücke, composées en 1892 et 1893 et qu’il surnomme » berceuses de ma souffrance ». Le caractère des vingt pièces qui constituent ces quatre cahiers est très contrasté, souvent mélancolique, allant de pages épurées, quasi abstraites à une écriture symphonique. Il n’y a d’ailleurs pas d’unité au sein de chaque recueil, la difficulté pour l’interprète étant de savoir retranscrire la sérénité, la tourmente, la gravité, le mystère, la tristesse, le lyrisme mais aussi la profonde tendresse qui émane tour à tour de cette musique.

, interprète mais également collaborateur régulier de France Musique depuis 2005, auteur d’un essai sur Franz Schubert, nous avait enchanté il y a quelques années pour ses interprétations de Debussy. Il a également enregistré du répertoire romantique, Schubert et Schumann, et se plonge à présent dans ces miniatures brahmsiennes. On admire le raffinement et la variété du toucher du pianiste, il sait faire « chanter » l’instrument, adopte des tempos assez mesurés dans l’ensemble. Les pages orchestrales, extraverties, héroïques telles les trois Capricci de l’opus 116, le premier Intermezzo et la Ballade de l’opus 118, la Rhapsodie de l’opus 119, sont bien rendues, avec beaucoup d’autorité, de rigueur, sans lourdeur, mais les pièces plus intimes manquent parfois de contrastes, de chair, pourraient être plus mystérieuses, interrogatives. À trop vouloir jouer en demi-teintes, le risque d’instaurer une certaine monotonie apparaît. Ce sont néanmoins d’infimes réserves à propos d’un bel enregistrement du Brahms tardif. Les explications de dans le livret sont par ailleurs fort intéressantes.

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