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Sasha Waltz & Schubert, inspiration pour expression corporelle

Un décor épuré, avec un plan en bois oblique surplombant une scène claire légèrement inclinée, sert de support à un groupe de sept danseurs qui évoluent au son de la musique de Schubert, interprétée magnifiquement au piano dans ses trois impromptus (D. 935, n°1 ; D. 899 n° 1 et 4) par Cristina Marton dont on ne regrettera qu’un léger abus de pédale.

Le chant est confié à Ruth Sandhoff, magnifique dans les Lieder Des Mädchens Klage, der Wanderer an den Mond, ou encore le périlleux Der Doppelgänger ou le profond An Mignon. Car la musique est sans conteste l’aspect le plus séduisant de tout le spectacle.

Schubert sert en effet d’inspiration, de référence et est heureusement quasiment omniprésent. Comme l’évoque très justement Olivier Brunel  : «Quelques blancs, hélas ! laissent aux tics l’opportunité de revenir en force : courses folles sans but, usage de la peinture, petite séance de bain dans une pièce d’eau.» Il est vrai que l’ensemble reste très décousu, même si le travail d’expression corporelle est recherché. Des éléments étonnants, des trouvailles même comme des bottes remplies d’eau aux cliquetis surprenants interpellent le spectateur, d’autant que la lumière, tour à tour apaisante, aveuglante, quasi-absente, joue un rôle important dans la mise en valeur de ces corps tourbillonnants, virevoltants, en attente… Des baigneuses nues qui jouent dans un bassin…

Travail corporel seul, à deux, à trois, en groupes pour une émotion brute, et un spectacle dénué de narrativité. Un monde à part. L’objectif de , la chorégraphe, était le suivant : «réagir au monde du «tout visuel», non pas en montrant un plateau nu et des corps nus, mais en montrant un spectacle radical et minimal.»

Le challenge, dans ce sens, est réussi, en témoignent éloquemment les applaudissements enthousiastes…

Crédit photographique : impromptus_leger © Jochen-Sandig

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