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Gatti sert Mahler en tranches

Après les Symphonies n°1 en décembre et n°3 en avril, poursuit son intégrale symphonique à Paris, marquée par le même soin constant apporté aux atmosphères sonores, et une sincère indifférence à relier les épisodes en une unité symphonique supérieure. Les amateurs d’un Mahler cyclothymique qui enchaîne épisodes dépressifs, moments agrestes et extases fugitives apprécieront. Ceux à la recherche d’un fil conducteur, d’une grâce qui les prenne et ne les lâche plus, en seront pour leurs frais.

En prélude, une sélection des Knaben Wunderhorn avec propose une interprétation où la caractérisation théâtrale l’emporte sur l’émotion, option qui a l’intérêt de faire entendre le compositeur d’opéra que Mahler aurait pu devenir. Dans le dernier mouvement de la Symphonie n°4, La Vie Céleste – qui avait été initialement composé en tant que mélodie du cycle Des Knaben Wunderhorn nous emmène dans des pâturages pittoresques plus autrichiens qu’éthérés. Alors que Christoph Eschenbach quittait ce soir même l’Orchestre de Paris dans un dernier concert, on se rappelle dans ce même mouvement l’extase véritablement céleste qu’il avait su distiller en 2004 en communion avec Michaela Kaune.

Crédit photographique : Christine Schäfer © Oliver Herrmann

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