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Dans les cordes d’Olivier Greif

Les CD en hommage à , disparu il y a 10 ans, continuent à affluer. Après l’excellent album consacré à deux œuvres majeures pour violoncelle, place à la musique de chambre.

La Sonate pour deux violoncelles «The Battle of Agincourt» est une musique illustrative et figuraliste, qui s’inspire lointainement de la bataille d’Azincourt. En 1415 l’armée du roi d’Angleterre Henry V défait contre toute attente la chevalerie française, supérieure en nombre. C’est aussi un tournant pour l’art de la guerre, qui voit la suprématie des armes à distance et de l’artillerie sur le combat de foule. Les deux violoncelles, tantôt opposés, tantôt liés, dépeignent dans les quatre mouvements de cette sonate quatre images «après la bataille». Forme improvisée, néoclassicisme, citation (un ayre anglais, une chanson française et un chant juif) ou haute virtuosité, Greif ne s’interdit rien. Les deux violoncellistes se jouent des difficultés de la partition pour en rendre une lecture claire et aérée.

Le Quatuor à cordes n°2 présente la particularité d’avoir une cinquième voix, celle d’un baryton. Hanté par la mort, Greif choisit trois sonnets des plus sombres de Shakespeare. L’œuvre à l’origine devait être un recueil de mélodies pour illustrer musicalement une exposition du peintre Etienne Yver. Dans sa forme définitive, c’est un puissant dirge (chant funéraire anglican). Le compositeur une fois encore ne se refuse rien, citation, néoclassicisme, tonalité, atonalité, langage moderne… Une sorte de compromis idéal, au service d’une œuvre poignante, rendue avec maestria par les jeunes instrumentistes de l’ et la voix chaude à la diction soignée d’.

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