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Franz Welser-Möst, le verre à moitié vide !

Le programme choisi par le chef autrichien pour son concert munichois est entièrement consacré au souvenir l’ancienne double monarchie austro-hongrois, à travers trois œuvres au caractère on ne peut plus contrasté. La symphonie de Haydn qui ouvre le concert est sans doute l’une de ses œuvres les plus étonnantes : en trois mouvements seulement, courte et dense, elle est d’un caractère particulièrement recueilli qui s’explique en particulier par l’utilisation de mélodies grégoriennes. Malgré un effectif raisonnable, le chef ne semble pas vouloir sortir d’une interprétation post-romantique qui, à force de refuser la leçon des « baroqueux », est finalement plus pesante que grave.

Le même manque de mordant se retrouve pour la célèbre Lulu-Suite. chante les fragments vocaux avec une grande musicalité, non sans sacrifier un peu la diction, mais le chef ne semble pas vouloir pénétrer l’aspect cosmique de cette musique : le fracas sonore sans la construction émotionnelle et sans un savant travail sur les contrastes ne rend pas service à une œuvre désormais au cœur du répertoire des orchestres.

Les choses changent après l’entracte : Welser-Möst, qui avait dirigé avec son orchestre de Cleveland une Rusalka remarquée à Salzbourg en 2008, est à son aise dans l’allant sans prétention d’une symphonie qui a quelque raison d’être moins célèbre que d’autres du même compositeur : on n’y trouvera pas les profondeurs qui n’y sont pas, mais du moins cette lecture cursive, sans pesanteur mais sans jubilation même dans le finale, permet-elle de clore sur une note sympathique un concert dont l’intelligent programme aurait mérité une force de conviction plus sensible.

Crédit photographique : © Michael Pöhn