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Francesca da Rimini de Riccardo Zandonai : Dov’è Paolo ?

Voici un opéra peu représenté qui se situe dans un contexte culturel très particulier de l’histoire de la musique italienne, celui du début XXe où les idées et expérimentations européennes commencent à se diffuser dans le Pays. Francesca da Rimini, mélange des différentes tendances de l’époque, se place entre le vérisme de Mascagni et le décadentisme de D’Annunzio évoquant l’histoire d’amour et de trahison chantée par Dante dans la Divine Comédie. Sans nullement négliger le chant, Zandonai essaye de «communiquer» au public ses choix dramaturgiques à l’aide d’une déclamation non traditionnelle et d’une écriture symphonique plutôt éclectique. La parole confirme l’importance du dit en continuum avec le discours orchestral. Eliminées les grands arias du mélodrame, la déclamation est un ensemble asymétrique de chromatismes déclenchés sans interruptions après le prélude initial.

La scène rappelle l’ambiance joyeuse des cours des jongleurs et des dames frivoles, des intrigues de palais, des rivalités et des mariages politiques. La vision de Renzo Giacchieri est plutôt classique, les costumes sont très élégants et la régie raffinée est modelée sur la mise en scène historique d’Enzo Dehò avec des tableaux pittoresques en trompe l’œil. Une substitution de la dernière minute du ténor Fabio Armiliato officiellement malade ( ?!), a sans doute altéré les équilibres sur scène. Malgré une belle performance de dans le rôle de Francesca, le manque de feeling avec le nouveau Paolo est évidente. Les chanteurs ne sont pas à l’aise et la présence sur scène du souffleur trahi la non-maîtrise du livret.

essaye, pour sa part d’imprimer d’énergies positives à l’orchestre mais il y a quelque fausse note de trop, quelque attaque manqué ou imprécis qui dénotent trop de superficialité dans le choix de cet opéra. La fosse d’orchestre étant trop exigüe, vents et percussions sont répartis dans les loges d’avant-scène. La splendide rencontre entre Paolo et Francesca est scellée par le violoncelle qui joue dans le parterre, tout juste à coté des spectateurs. Le résultats final n’est pas désagréable mais on peut sans doute mieux faire !

Crédit photographique : (Paolo) et (Francesca) © Pasquale Stanzione