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La belle récidive des Pražák avec Arnold Schœnberg

Cinquième volume consacré à l'œuvre de musique de chambre d', cet enregistrement ne témoigne pourtant ni d'une baisse de qualité des œuvres jouées, ni d'un essoufflement des artistes. Mettant en perspective des œuvres de jeunesse, certes abouties, et de maturité, le nous surprend encore, autant qu'il nous émerveille.

Le Scherzo et le Rondo sont d'une fraîcheur lumineuse ; complétés sous la direction d'Alexandre von Zemlinsky, ils témoignent de la maîtrise de l'harmonie autant que du contrepoint de son élève. Certes, l'inspiration est un peu collé-monté, gemütlich pour ainsi dire, et l'ensemble manque de la vision, du souffle épique de l'opus 4 ou 7 ; mais en tant que «travaux d'école», ces deux pièces livrent les clés des influences stylistiques de Schœnberg : Beethoven, Brahms, Schubert … écoutons, tout y est !

Changement radical d'ambiance avec l'arrangement de Webern pour quatuor et piano de la fameuse Kammersinfonie op. 9. Somptueuse pierre angulaire dans l'œuvre du maître, cette pièce ambitieuse se révèle dans toute son âpreté : point de flûte, de clarinette pour adoucir les duretés de l'écriture, qui sont pour ainsi dire mises à nu dans cet arrangement, et volontiers accentuées par les interprètes, indéniablement inspirés. On regrettera tout de même que la clarté polyphonique soit quelque fois mise à mal par le resserrement des timbres, notamment dans la coda finale ; le moyen de suivre quatre mélodies simultanées, entremêlées qui plus est, avec si peu de contrastes ? Passée l'introduction, où l'on est surpris que la mélodie du cor soit usurpée par le violoncelle, le charme opère indéniablement, et le sublime n'est pas rare au fil de ces pages, tant l'équilibre des parties, la cohésion d'ensemble et l'inspiration sont au rendez-vous. Fait étrange, la prise de son du piano est un peu lointaine, comme embuée, et contraste avec la précision des cordes.

Le Troisième Quatuor enfin nous montre un Schœnberg fier inventeur du dodécaphonisme, qui éprouve sa trouvaille dans une vaste pièce, dont il faut bien reconnaître qu'elle ne possède pas le même charisme, ni la même capacité de séduction que la Kammersinfonie. Un trou d'air dans cet enregistrement, autant que dans cette intégrale.

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