- ResMusica - https://www.resmusica.com -

La Fiancée du Far West à Hollywood : le compte en banque de la fée !

Excursion de Puccini au pays des cow-boys, la Fiancée du Far West ne s’est jamais imposée au répertoire des maisons d’opéra et reste une rareté.

Si brillant dans Madame Butterfly et Turandot avec une évocation de l’Asie et de ses sortilèges, Puccini sert, pour le Metropolitan Opera de New York (création de luxe avec Caruso et Toscanini), l’ancêtre du Western Spaghetti ! Une évocation de l’Amérique, de la ruée vers l’or, et de ses cow-boys, mais à la sauce italienne. En dépit de la beauté de certains passages et de trouvailles géniales dans l’orchestration, l’œuvre bute sur un livret impossible et sur une héroïne qui peine à toucher, seule femme dans un monde de brutes masculines mal-dégrossies avec comme intrigue, une lutte amoureuse entre deux soupirants : le bandit (pas si méchant) et le shérif (pas si gentil). Si la discographie est assez mince mais qualitativement très élevée, la vidéographie s’avère assez maigre avec deux productions dont une, excellente, en provenance de La Scala de Milan avec Plácido Domingo et dirigée par Lorin Maazel (Opus Arte).

À l’hiver 2009, l’opéra d’Amsterdam avait monté cette partition dans une mise en scène du grand Nikolaus Lehnhoff. Ce dernier prend le parti pris de jouer de l’ironie de la place transformée en conte de fée entre Wall Street et Hollywood. C’est globalement parfait avec ce qu’il faut de sérieux et de second degré pour se jouer d’un drame à trois qui joue plus dans la catégorie roman de gare que dans celle du drame façon Tosca. Les méchants sont très noirs et très méchants et roulent des mécaniques et la pure héroïne est idéalement naïve et pleine d’espoir. Les décors de Raimund Bauer rendent bien le cachet voulu par le metteur en scène, transformant l’opéra en production télévisuelle, mais sans faute de goût ou de kitsch. Ce travail est bien plus abouti que la lecture littérale de pour la Scala (Opus Arte).

Bien connu pour sa maîtrise des styles lyriques, le grand est à la fête à la tête d’un affûté et coloré comme une pellicule de cinéma. Vedette de la distribution la Néerlandaise fait une bouchée du rôle qu’elle domine dans toutes les catégories du jeu et de la tessiture. Elle fait de l’ombre à un duo de soupirants, convaincants mais sans génie particulier, avec des timbres assez banaux même si la musicalité est présente. Le reste des chanteurs, très homogène, fait honneur à ce spectacle.

Sans trop de contestation possible, cette réussite vient désormais se hisser sur la plus haute marche de la vidéographie pour son fini éditorial, technique et ses qualités artistiques. La version Opus Arte, filmée à Milan, reste à connaître pour Domingo et Maazel (elle est disponible en tarif économique). Les bonus Opus Arte sont moins étoffés qu’à l’accoutumé même si le déroulement du menu façon « James Bond Casino Royale » est fort sympathique.

(Visited 285 times, 1 visits today)