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Confirmation du retour à Mendelssohn, avec le Quatuor Modigliani

Bicentenaire de la naissance aidant (1809), le retour par la grande porte de l’œuvre de l’a translatée, et ce n’est que justice, du statut de créateur mineur, négligeable et fébrilement romantique à l’obtention avérée de ses galons en grande pompe.

Ses symphonies reconsidérées, ses œuvres chorales valorisées et sa musique de chambre rehaussée à sa juste valeur… contribuent à le ranger définitivement parmi le peloton de tête des romantiques germaniques de tout premier plan. Depuis un certain nombre d’années quelques chroniqueurs n’ont pas hésité à reconnaître à ses quatuors à cordes un statut digne des meilleurs catalogues. Il y a quelques années déjà nous avions été conquis par la phénoménale intégrale réalisée par le Quatuor Artis (Accord, 1988-89). Plus récemment, le beau travail du Quatuor Alcan (Atma, 2006) avait été souligné comme il se doit. D’autres quatuors ont également apporté leur contribution respective (Quatuor Alban Berg/EMI ; Quatuor Zemlinsky/Praga, Quatuor Cherubini/EMI ; Quatuor Emerson/DG…). Déception (relative) avec la nouvelle lecture du . Cette excellente association a prouvé en peu d’années combien elle comptait dans le paysage musical de ce genre noble entre tous. Non pas que les qualités techniques de l’interprétation soient mises en cause. La lecture qu’en fait le compte parmi les meilleures qui soient.

Les instrumentistes optent pour l’exagération quasi beethovénienne du discours, ce qui semble dommageable vis-à-vis de la spontanéité et du bonheur qui exhalent de cette musique. Et ce, même en tenant compte que le Quatuor op. 80 porte en sous-titre «Requiem pour Fanny», sa très chère sœur disparue (1847). Le tragique exagéré que ceux-ci véhiculent se retrouve aussi dans le Quatuor op. 13. Tragique qui s’expliquerait par la mort contemporaine de Ludvig van Beethoven (1827) et évidemment par les références non voilées à la musique du Maître de Bonn.

Ces nuances ressenties écartées, les Modigliani dispensent une partition très structurée, au tissu sonore dense, à la légèreté sacrifiée en faveur d’une intériorité intense et impressionnante. Très honorable prestation qui éclaire un Mendelssohn moins lumineux et plus profond qu’attendu.

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