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Eternelle jeunesse de Riccardo Chailly

La soirée, avec un programme «tout Dvorák», fut d’une intensité rare, sur scène aussi bien que dans la salle.

Le concert commence dans une véritable fête, avec l’Ouverture «Carnaval», euphorique et radieuse. Dans un bain d’exubérance sonore, la mélodie se détache avec allégresse, donnant une sensation de grande liberté. Riccardo Chailly et ses musiciens, débordants d’énergie – en high spirits serait l’expression juste – entraînent d’emblée le spectateur dans leur univers. Après le brouhaha du carnaval, le violoniste grec Leonidas Kavakos interprète le célèbre Concerto pour violon avec une virtuosité époustouflante. Le son est magnifique, riche et expressif, notamment dans la tessiture grave, qui offre une grande assurance à ceux qui l’écoutent. Tout aussi énergique que le chef, son violon est cependant parfois couvert par le tutti orchestral là où on aurait voulu entendre le solo s’affirmer plus nettement. Dans le deuxième mouvement, de la place où nous étions, il était assez difficile de percevoir les nuances subtiles, surtout la douceur et le romantisme de certains passages. Mais dans l’ensemble, tous ces défauts ont été éclipsés par un dynamisme musical convaincant, aussi spontané que mûrement préparé.

Après l’entracte, le Septième Symphonie puissante et héroïque, aux accents pathétiques et tourmentés. Les deux premiers mouvements sont joués de façon infiniment grave, sombre et parfois nostalgique (deuxième mouvement), suivis du «scherzo» dans un tempo assez retenu, mais très déterminé – bien différent de certaines interprétations dansantes – et surtout, avec beaucoup d’expressivité. Le finale est un véritable festival de «fracas musicaux», mais dans un ordre parfaitement réglé, sous la baguette à la fois vigoureuse, précise et généreuse de Chailly. Son ardeur pétillante et son enthousiasme vibrant lui donnent l’aspect d’un jeune homme intrépide, caractère qui se transmet à tout l’orchestre et donc, à la musique qu’ils jouent. Ainsi, le crescendo final est d’une surprenante densité qui transporte littéralement toute la salle. En bis, deux Danses slaves op. 72 de… Dvorák, bien sûr. Après la douceur mélancolique de la Deuxième, le concert se termine comme il s’est ouvert, sur la joyeuse explosion sonore de la Septième Danse slave.

Crédit photographique : Riccardo Chailly © Sacha Gusov

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