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Un Schubert peut en cacher un autre

Volupté sonore et mélancolie douce, voilà qui résume la Sonate Arpeggione telle qu’interprétée par . Avec un sens naturel du phrasé et un lyrisme extraordinaire (Adagio), le violoncelliste nous emmène dans un univers aux magnifiques couleurs automnales. L’entente avec est parfaite et c’est presque à une scène d’opéra de chambre que nous assistons dans l’Allegretto final. Les personnages semblent prendre vie (et dialoguer !) sous l’archet de Coppey tandis que le pianiste l’accompagne avec attention. Indubitablement, le violoncelliste possède la musicalité des plus grands ! Si la transcription de la Sonatine n°1 fonctionne moins bien que l’original (pour violon), il faut tout de même souligner l’agilité légère du virtuose. A l’écoute de l’Allegro vivace, on se souvient volontiers d’une phrase de Voltaire à Jean-Louis Duport : «Monsieur, vous me feriez croire aux miracles quand je vois que vous pouvez transformer un bœuf en rossignol»…

Emmené par , le Trio n°1 est plus épique et plus «beethovénien» que ce qui précède. La dramatisation virile voulue par les musiciens engendre cependant quelques débordements accentués par une prise de son trop proche -l’unique faille de ce disque. On ne manque malheureusement rien de la respiration nasale des interprètes, des bruits de doigts martelant la touche et des cliquetis d’archets trop engagés sur les cordes (tout cela concerne majoritairement le violoniste). Reculer les micros d’un pas aurait beaucoup servi cette interprétation qui demeure toutefois très belle. La théâtralité atteinte ici, toute différente soit elle de celle du finale de l’Arpeggione, n’en est pas moins captivante et les contrastes qui soulignent tous les niveaux de structure (du détail de phrasé au cycle de la sonate) intelligemment distillés. Dommage que cette réussite musicale soit gâchée par un «échec» technique ; ces trois-là méritaient mieux.