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David Zinman à travers le temps

Fidèle invité de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, le chef américain confrontait un quatuor de partitions de différentes époques liées aux thèmes de la mort. En hommage aux victimes du tsunami, la Sinfonia da requiem de Britten, était dédiée au peuple japonais.

Tirée de son tout nouvel opéra Anna Nicole, d’après la vie de l’actrice texane Anna Nicole Smith, la partition Texan Tenebrae de Turnage explore une matière orchestrale sombre, assez proche de Mahler, par sa noirceur tragique, mais parsemée d’une lumière ondoyante ponctuée de touches jazzy et répétitives. Moins virtuose que certaines de ses autres partitions, cette pièce montre, encore et toujours, la maîtrise de ce compositeur étonnant dont on attend une rétrospective en France.

La première partie se poursuivait avec la rare mais extraordinaire Sinfonia da Requiem de Britten. Comme à son habitude, favorise la clarté et l’équilibre, au service de l’émotion. Les pupitres de l’orchestre du Concertgebouw font ainsi ressortir les moindres nuances et détails de l’orchestration. Simple et touchante, cette lecture restera longtemps gravée dans les mémoires des auditeurs.

Le compositeur anglais Colin Matthews aime pratiquer l’orchestration ! On lui doit un cycle intégral des Préludes de Debussy, passé du piano à l’orchestre. En 2009, il s’était penché sur l’unique mouvement du quatuor avec piano de . Le résultat est surprenant, et décontenance, tant Matthews s’est livré à une très libre interprétation des notes et offre une sorte d’ersatz hybride de symphonie de Bruckner ! Certes, c’est fignolé avec métier et sens des effets, mais cela sonne de manière assez vaine.

David Zinman est un interprète émérite des symphonies de Schumann dont il a laissé au disque 2 intégrales majeures (Telarc et Arte Nova). Il se lance dans la symphonie n°4 avec une vivacité de tous les instants et, comme toujours, une grande attention portée aux dosages et aux équilibres. C’est absolument sublime d’intelligence et de sensibilité alors que stylistiquement la lecture du chef atteint l’exemplarité. L’orchestre amstellodamois est évidemment à son affaire. On relève particulièrement des pupitres de vents en apesanteur à la fois dansants et colorés. Un juste triomphe vient récompenser les musiciens et leur chef d’orchestre.

Crédit photographique : David Zinman © Priska Ketterer

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