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Jan Fabre : Prométhée revisité

En revisitant le mythe de Prométhée, qui vola le feu aux dieux de l’Olympe, propose des images chocs dans une mise en scène wagnérienne.

Est-ce le cauchemar d’un pompier pyromane ? Rien ne manque à la mise en scène incendiaire de , qui explore la thématique du feu jusqu’à la cendre : seaux rouges de pompiers, extincteurs géants, sorties de secours… Autour d’un Prométhée encordé dans le vide, au centre de la scène, comme crucifié, les danseurs et les comédiens de Troubleyn déroulent la lance à incendie avec forces fumigènes et jets de sable dans une mise en scène qui pourrait aisément être transposée pour le Ring.

Pour expier sa faute, Prométhée fut en effet condamné par Zeus à être enchaîné nu sur une montagne, où un aigle lui dévorait le foie chaque jour. Pendant ce temps, les hommes qu’il avait modelé et auxquels il avait donné le feu, prospérèrent grâce aux techniques que Prométhée leur avait enseigné. Point de vision rédemptrice pourtant, dans ce spectacle de Jan Fabre, qui joue davantage sur le registre du blasphématoire en choisissant des redingotes de juifs orthodoxes en guise de costumes de scène pour ses danseurs. Le feu, est-ce celui qui a consumé des millions de juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, comme tente brièvement de le rappeler deux personnages marchant au pas de l’oie ? On ne le saura pas, Jan Fabre passant à autre chose, rendant son propos de plus en plus confus.

Dans ce nouvel opus du chorégraphe/plasticien/metteur en scène, une large place est laissée aux textes, signés Jan Fabre ou Jerœn Olyslaegers, interprétés par d’excellents comédiens. Parfois poétiques, parfois pontifiants, ces monologues ne sont pas mémorables. On retient cependant le leitmotiv de la longue scène d’introduction : « We need herœs now ! ». Malgré un déluge d’effets spéciaux, des images chocs et blasphématoires, Jan Fabre ne donne aucune réponse à cette injonction et fait assaut de vanité. Serait-il lui-même le héros que nous attendons ? Permettons-nous d’en douter…

Crédit photographique : © Wonge Bergmann

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