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Fin de l’intégrale Debussy de l’Orchestre de Lyon avec Jun Märkl

Avec ces deux volumes, Jun Märkl et son orchestre de Lyon complètent leur intégrale de l’œuvre pour orchestre de . Sur le papier, l’entreprise était triplement pertinente car les seules intégrales Debussy d’orchestres français remontent à celles de Manuel Rosenthal et l’orchestre de l’opéra de Paris (disques Adès) et de Jean Martinon et l’orchestre national de l’ORTF (EMI). De plus, cette initiative était louable à une époque où les orchestres français enregistrent du répertoire allemand (comme à Strasbourg et Paris) ou russe (comme à Toulouse). Enfin, cette intégrale proposait d’ajouter aux «tubes» et pièces incontournables, des partitions plus rares et les orchestrations usuelles ou moins connues de pièces pour piano. Cette somme s’étale donc sur six disques là où les entreprises rivales se limitent à deux ou trois CD.

Artistiquement, ces disques étaient mal partis avec un volume n°1 passablement raté ! Une plus récente parution, de niveau très satisfaisant, donnait l’envie de poursuivre l’écoute. Mais en résumé de ces nouveaux disques, le commentateur est hélas confronté à une nouvelle déception. La prise de son, plutôt sèche, ne met pas franchement en valeur les timbres de cette musique et l’orchestre retombe dans les travers de la routine. Si certains pupitres semblent appliqués (flûtes ou trompettes), l’orchestre sonne avec duretés, présente des cordes bien aigres et râpeuses et manque de précision dans les tutti. Qui plus est, la phalange semble en pilote automatique et pas concernée par ce que le chef demande. La Boite à joujoux et la Petite suite s’avèrent d’une désespérante platitude. Dans La boite à Joujoux, on est très loin des sortilèges, de la poésie et du fini technique du London Symphony Orchestra avec Michael Tilson-Thomas (Sony).

Peu à son aise, le pourtant compétent , ne sait trop que faire hésitant entre une mise en avant des détails et d’une romantisation excessive. Ainsi, Printemps, tire plus vers le Richard Strauss de Don Juan que vers l’éveil impressionniste de la nature, un non-sens difficilement compréhensible. Reste les raretés pour combler notre déception ! À défaut de s’imposer comme des incontournables, les orchestrations des Six épigraphes antiques, des Estampes et autres petites pièces, sont de charmantes cartes postales symphoniques mais orchestrées avec beaucoup d’inégalités. De même qu’il n’est pas inintéressant d’entendre les brides de la Symphonie en si mineur, seule tentative de Debussy de se consacrer à cet exercice stylistique.

Les lyonnais seront certes contents de retrouver, au disque, leur orchestre, mais force est de constater que ces disques sont un coup d’épée dans l’eau. A tarif économique, le coffret Martinon, désormais édité chez Brilliant, reste la meilleure porte d’accès à l’univers de Debussy. Pourtant, la phalange a un indéniable potentiel ! Si l’on souhaite tout de même acquérir l’un de ces volumes, le tome n°4 est le seul qui s’impose vraiment. Espérons que le nouveau directeur musical, le très occupé Leonard Slatkin, puisse galvaniser ces musiciens à défaut de quoi l’intérêt d’entretenir deux orchestres dans la capitale des Gaules risque de ne plus être évident.

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