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Lamentazione de Paul Agnew

Près de vingt ans après sa première rencontre avec William Christie et , le ténor écossais débute au disque comme… chef ! Comme il le dit lui-même : « c’est un rôle tout à fait différent, presque un nouveau métier ». Ce rôle, il le tient déjà avec Le Jardin des Voix et , dont il est « associate conductor ». Là, il passe à l’acte : celui du disque.

Il a construit le programme de ce disque Lamentazione à partir du Stabat Mater à 10 de . Les deux Crucifixus de Lotti et celui de Caldara à 16 se sont imposés naturellement. Et, cherchant une œuvre en miroir du Stabat Mater, il a trouvé ce Miserere à deux chœurs de Leonardo Leo. Ce compositeur napolitain, peu connu, émule de Scarlatti, a portant eu une importante production de musique religieuse mais aussi d’opéras (plus de 70). Enfin, un peu de temps passé à la Bibliothèque Nationale de France lui a permis de remettre au jour un charmant duo de Legrenzi.

C’est d’abord la fraîcheur et la jeunesse des voix des Arts Florissants qui frappe à la première écoute. Puis la direction nuancée de , sans sensiblerie, se fait jour. Point de tristesse mais de la lamentation assumée avec, parfois, l’expression de la violence des mots et de la situation.

Ressortons du programme le Crucifixus a 10 de Lotti dont les dissonances et l’écriture serrée soulignent la profondeur du drame au Mont Golgotha. Le Miserere à deux chœurs de Leonardo Leo est superbe de recueillement et de spiritualité. Le plain-chant est magnifique de pureté. C’est peut-être dans cette pièce que nous apprécions le mieux chacune des voix, en particulier les pupitres masculins à l’effectif un peu trop réduit.

La prise de son, lors d’un concert au Festival d’Ambronay, est bonne et permet une bonne lisibilité des parties.

Bon choix de programme, bonne interprétation, bonne direction… Que demander de plus ? Le disque suivant avec, cette fois, un instrumentarium plus conséquent !

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