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Luis Fernando Pérez, nouvelle étoile de la musique espagnole

, encore mal connu du public français, fut élève, entre autres, de Dimitri Bashkirov et de Galina Eguiazarova, et surtout de la regrettée Alicia de Larrocha. Lauréat du prix spécial du concours Ibla et du premier prix et du prix spécial du meilleur interprète de Granados au concours Granados de Barcelone, ce soir, ce virtuose et grand maître de la musique espagnole nous a généreusement gratifiés de son art.

La première partie est dédiée à Liszt. D’abord deux transcriptions de lieder de Schubert, où il marie le caractère intimiste et intériorisé du Viennois à l’ouverture et la liberté du Hongrois. Pour La Mort d’Isolde, Pérez sait augmenter et amplifier la tension jusqu’à l’extrême, en variant les sonorités, tel un orchestre. Puis, dans la Rhapsodie espagnole, il met en exergue le rythme ibérique (ce qui n’est pas toujours évident dans cette œuvre) à travers des passages spectaculaires typiquement lisztiens.

Durant la seconde partie, en jouant Albéniz, il multiplie les effets : un piano subito après un grand crescendo ; silence éloquent suggérant parfois une rupture sans que tout s’arrête pour autant ; changement de tempo régi par un rubato audacieux… Contrairement à de nombreuses interprétations de la musique espagnole, mettant uniquement l’accent sur le rythme et la passion, le jeu de est magistralement expressif, grâce à un éventail extrêmement large de coloris. Chatoyantes, irisées, dures ou douces, ses sonorités, même les plus froides, sont toutes inondées d’une chaleur radieuse.

Une grande spontanéité, un dynamisme hors pair, un élan irrésistible, voilà incontestablement quelques-unes de ses qualités, confirmées par trois bis, dont une Nocturne posthume de Chopin et Asturias d’Albéniz.