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Debussy et les nordiques : le Danemark

Le second volet de l’étude de l’influence de Debussy sur les compositeurs nordiques nous emmène au Danemark aux confluences de créateurs comme , mais bien d’autres aussi !

 

La première exécution d’une musique de au Danemark et bien sûr avant tout à Copenhague où la vie artistique du pays se trouvait concentrée, semble remonter au 27 octobre 1903. Quatre instrumentistes autochtones notables présentèrent le Quatuor à cordes en sol mineur que le compositeur français avait composé en 1893 et présenté au public de la Société Nationale de Musique de Paris  le 29 décembre de la même année sous les doigts du fameux Quatuor Ysaye. Nommés Kristian Sandby, Johannes Schiørring, Oscar Schmid et Paulus Bache, ils jouaient dans le cadre de la Société privée de musique de chambre (Kammermusikforeningen) créée en  1868.

Le 10 janvier 1906, soit un peu plus de deux ans plus tard, le Quatuor à cordes de Bruxelles, interpréta la même œuvre. L’accueil critique semble avoir été plutôt positif. Le journal Politiken du lendemain souligna que l’intérêt soulevé par cette musique ne devait pas être exceptionnel à en juger par le nombre de sièges vides. Néanmoins les aspects nettement modernes du quatuor français avaient certainement interpellé le public.

Les musicologues danois pensent que le Quatuor en sol mineur  de Debussy dut probablement attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour réapparaître au concert.

Debussy avait élaboré son  Prélude à l’après-midi d’un faune pour orchestre, inspiré comme l’on sait par  le poème de Stéphane Mallarmé, au cours des années 1892-1894 et l’avait présenté en création le 22 décembre 1894 à la Société Nationale de Musique de Paris sous la direction de Gustave Doré. L’œuvre devait connaître une fabuleuse carrière partout dans le monde. Cependant il faudra attendre une dizaine d’années pour que cette musique soit proposée aux danois de Copenhague. Le 30 juillet 1904, aux Jardins du Tivoli, le fameux parc d’attractions du centre de la capitale, la salle de concert le proposa sous la baguette du chef (et flûtiste) alors très réputé Joachim Andersen. La critique professionnelle souligna la singularité de cette œuvre tout en ne ménageant pas ses critiques face à une partition aussi novatrice que dérangeante. Certains insistèrent sur le caractère très controversé du Français, étonnant certes et non dépourvu d’intérêt (dans Berlingske Tidende du 1er août 1904), tandis que d’autres, beaucoup plus critiques (Politiken du 31 juillet 1904), avancèrent que « Mr Debussy ne peut pas répudier ses tendances ultra-modernistes » et qu’au total,  « en aucune manière il n’était bon ». L’expérience, avec cette formidable mais inédite musique, demeura unique pendant longtemps. En effet, il faudra attendre l’année 1913 (celle de la création du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky à Paris le 29 mai au théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Pierre Monteux) pour que le compositeur le plus célèbre du pays, Carl August Nielsen, en assure la direction face à l’Orchestre royal le 4 mars 1913.

Une demi-douzaine d’années plus tôt, Joachim Andersen avait présenté à son public deux autres musiques antérieures de Debussy, à savoir, Cortège,  tiré de la cantate pour soprano, ténor, baryton, chœur et orchestre  L’Enfant prodigue (1884, orchestration de 1905 et 1908) et Air de danse, extrait de la merveilleuse Petite suite pour piano  à quatre mains  (1888-1889) plus tard (1907) orchestrée avec tant de délicatesse par l’ami Henri Busser. Les manifestations se déroulent encore dans la salle de concert du Tivoli respectivement en 1906 et 1907.

Si l’on passe sous silence quelques chansons de Debussy (par exemple Mandoline chantée par Mme Charles Cahier, le 17 novembre 1906 comme le rappelle Røllum-Larsen dans les Cahiers Debussy n° 24 de 2000), ce sont essentiellement les pièces pour piano que l’on entendit avant l’irruption du premier conflit mondial. Ainsi le pianiste Carl Bernhard joua La Soirée dans Grenade (seconde section des Estampes créées par Riccardo Vines en janvier 1904 à Paris) et Toccata (troisième extrait de Pour le piano créé à Paris  par le même artiste en janvier 1902) le 2 décembre 1908, de même que Children’s Corner le 1er décembre 1910. Debussy écrivit ses Children’s Corner, dédiés à sa fille Chouchou, entre 1906 et 1908. Le critique Gustav Hetsch, dans Nationaltidende, le 2 décembre 1910, cité par Røllum-Larsen, rapporte que « le compositeur moderne français, qui est encore  peu connu dans ce pays [le Danemark] et qui est un exemple de contradiction dans la musique contemporaine, apparaît aussi  excentrique qu’il le souhaite  indubitablement… Des sonorités choisies de manière tout à fait arbitraire et gratuite… » Il retient encore les qualificatifs « d’étrange, bizarre, de non-sens… » et enfin confesse son étonnement face au pianiste qui joue ces partitions de mémoire.

Ce n’est qu’en 1917 que des œuvres orchestrales furent jouées à Copenhague. Ainsi le compositeur et chef d’orchestre, collègue et concurrent de , le nommé Georg Høeberg, dirigea au Théâtre royal le 24 janvier les Trois Nocturnes (Nuages, Fêtes  et Sirènes) dont la création avait été assurée par Camille Chevillard à Paris le 9 décembre 1900 (les deux premiers volets seulement) et un an plus tard dans sa version intégrale. Quatre jours plus tard, le 28 janvier, Carl Nielsen avait conduit La Mer au Musikforeningen. La réception lors de ces deux soirées fut bien meilleure que pour Le Prélude à l’après-midi d’un faune donné quatre années auparavant. Le même critique Hetsch trouva cet « art sublime, dans lequel il utilise  les indications de mesures les plus variées (même en 15/8), échelles antiques, harmonies raffinées, les plus étranges dissonances… à la coloration éminemment personnelle… Debussy fait montre de sa maîtrise orchestrale complète aboutissant à des sonorités magnifiques et belles… » (Nationaltidende, 25 janvier 1917).

A la même époque le célèbre et parfois féroce critique danois Charles Kjerulf dans Politiken (25 janvier 1919) considéra les Nocturnes comme de « belles et délicates aquarelles pour orchestre ».

Après l’exécution de La Mer par Nielsen, Gustav Hetsch loua  « la sublime délicatesse artistique » et l’ « art sublime de l’orchestration » de Debussy. (Nationaltidende, 29 janvier 1919). Kjerulf attribuait à cette musique de réelles qualités tout en avançant à ses yeux un certain « manque de profondeur » et même un certain « ennui ». (Politiken, 29 janvier 1919), ajoutant non sans  humour qu’après tout la mer était profonde.

La Société philharmonique danoise (Dansk Filharmonisk Selskab)  présenta Printemps le 7 février 1921 sous la direction de Paul von Klenau, un chef et compositeur  danois ayant réalisé une grande partie de sa carrière en Allemagne. Cette suite symphonique pour orchestre et chœur datait de 1887. Détruite lors d’un incendie, elle fut réorchestrée à partir d’une réduction pour voix et piano par Henri Busser en 1913. Paris en écouta la création par Rhené-Baton le 18 avril 1913.  Il faudra attendre le  10 février  1927 pour que l’on puisse entendre les Images pour orchestre (1906-1913) proposées par l’immense Pierre Monteux.

Comme on le constate les créations danoises des œuvres  orchestrales (et pianistiques) de Debussy furent présentées assez longtemps après leur création française tandis les dernières sonates apparurent assez rapidement. Ainsi la Sonate pour violoncelle et piano (1915) et la Sonate pour violon et piano (1916-1917) furent jouées en 1918 soit respectivement trois ans (Londres, le 4 mars 1916)  et un an (Paris, 5 mai 1917, avec Debussy au piano et Gaston Poulet au violon) après leur première respective. Les Six Epigrammes antiques sonnèrent à Copenhague en 1924. Pour piano à quatre mains (ou pour piano seul) ils dataient  des années 1900-1914.

Qu’en est-il de l’opéra Pelléas et Mélisande ? Debussy y travaille dans les années 1893-1895, puis en 1901-1902, avant de le proposer en création à l’Opéra-Comique de Paris le 30 avril 1902 sous la baguette d’André Messager. Il faudra attente 23 ans aux Danois pour le voir et l’entendre au Théâtre royal au cours de six représentations réalisées entre le 9 octobre et le 5 novembre 1925. La direction en revenait à Georg Høeberg. L’accueil fut mitigé et l’on put lire et entendre tout et son contraire, bien sûr. Les uns soulignant les qualités lyriques de la musique, les autres regrettant les faibles atouts dramatiques du compositeur.

Ces quelques exécutions publiques de la musique de Debussy permirent non seulement au public mais également à nombre de compositeurs d’entrer en contact avec l’art novateur du musicien français. Carl Nielsen alors en activité fut même un acteur efficace au service de cette musique qui globalement n’offrait que peu de similitudes avec la sienne propre. Nous y reviendrons infra.

A partir des années 1930 on joua plus fréquemment la musique de Debussy au Danemark. Røllum-Larsen dans les Cahiers Debussy nous donne des chiffres intéressant, à savoir que jusqu’en 1935 on comptabilise 406 exécutions d’œuvres de Debussy dont seulement onze ont été soutenues par des organismes actifs dans le registre de la musique nouvelle. Ce chiffre permet de supputer que assez rapidement cette musique était devenue relativement populaire et n’appartenait plus au registre restrictif de « la nouvelle musique ». Ce qui n’était pas du tout le cas avant la Première Guerre mondiale et ce pratiquement jusqu’à l’époque de sa mort en 1918. Beaucoup de commentateurs à l’instar de Gustav Hetsch, déjà mentionné, pensaient que la musique de Debussy à bien des égards était celle d’un « authentique révolutionnaire ».

Le cas Carl Nielsen (1865-1931)

On vient de le lire, Carl Nielsen, de trois ans plus jeune que Debussy, connaissait plusieurs de ses musiques parmi les plus importantes. Il les avait même dirigées en plusieurs occasions. C’est dire si la musique de « Claude de France » jouissait d’une renommée certaine et que la plupart des compositeurs danois avaient eu l’occasion de l’entendre. Nielsen à la tête de l’Orchestre symphonique de Göteborg (Suède) avait dirigé La Mer le 13 novembre 1918 et le Prélude à l’après-midi d’un faune le 7 décembre 1921. Il n’est pas innocent de relever que pour le premier concert cité il avait aussi programmé sa musique pour orchestre Pan et Syrinx. Or, si les esthétiques des deux créateurs pouvaient sembler dépourvues de  points communs majeurs, il convient de souligner une exception avec cette pastorale pour orchestre, op. 49, créée le 11 février 1918, à l’Orchestre royal sous la direction du compositeur, année de la disparition de Debussy. On a l’habitude de souligner l’influence de l’impressionnisme, et donc de Debussy, sur cette magnifique composition d’une durée de 9’ inspirée par la mythologie grecque et dédiée à sa fille Anne-Marie et à son gendre le violoniste d’origine hongroise Emil Telmanyi.  A son écoute, bien des qualités de l’impressionnisme français sont détectables. L’ambiance grave, chaleureuse et ensoleillée à la fois de ce drame expressif, lui appartient en propre et se distingue aussi bien du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy que des Océanides de Sibelius. Toutefois un certain climat sonore et des traits de l’orchestration et de son  traitement indiquent que la connaissance de l’œuvre  du Français a laissé quelques traces très intéressantes mais distinctes évidemment. Paul-Gilbert Langevin pense que Pan et Syrinx « est de loin le plus original » des poèmes symphoniques et précise : « situé entre la 4e et la 5e Symphonie, il offre un langage fort aventureux dans le traitement des bois en particulier, en même temps qu’un retour aux couleurs méditerranéennes chères au cœur  du musicien. » Comme d’autres commentateurs, il ne mentionne pas de traits debussystes à son propos. Un autre biographe de Nielsen, Jack Lawson, statue différemment de son côté en affirmant que l’œuvre « est comparable au chef-d’œuvre impressionniste de Debussy, le Prélude à l’après-midi d’un faune. »

Pan et Syrinx, poème symphonique, op. 49 de 1918, est bien une des plus belles musiques à programme de Carl Nielsen qui repose sur la mythologie grecque et à l’écoute duquel il peut être relevé des traits impressionnistes évoquant le Prélude à l’après-midi d’un faune. C’est là un des rares exemples de ce rapport franco-danois alors que chez Sibelius par exemple on trouve plus d’exemples précis de cette relation dans l’écriture orchestrale.

Pan et Syrinx, une scène de la nature,  fut composé immédiatement après l’achèvement de la Symphonie n° 4. Nielsen avait dirigé le Prélude à l’après-midi d’un faune en 1913. L’idée de sa partition lui vint en lisant Ovide (Métamorphoses) et il se mit au travail à Skeiten, une péninsule située à Fuglsang, la propriété de ses amis Hartmann-Neergaard où il aimait se réfugier et se détendre. Achevé le 6 février 1918 Pan et Syrinx fut présenté comme cadeau de mariage à sa fille Søs et son gendre Emil Telmanyi. Le critique Charles Kjerulf releva combien Pan et Syrinx portait des marques redevables de la musique française et plus encore du debussysme.

En dehors de cet exemple et de quelques autres analogies ou affinités assez ténues, la musique de Carl Nielsen n’offre que peu de ressemblances avec le catalogue de Claude debussy. Constatation beaucoup moins évidente en ce qui concerne leur contemporain le Finlandais .

Essai

La musique au Danemark tout au long du 19e siècle fut largement influencée par l’Allemagne et l’Autriche. Les compositeurs nationaux danois, ouvertement romantiques, s’inspiraient pratiquement sans complexe des œuvres et des compositeurs germaniques de l’Ecole de Vienne. Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Schuman, Mendelssohn puis plus tard Spohr alimentaient à l’infini les Danois de l’époque. D’autres musiciens aujourd’hui presque totalement oubliés exerçaient également une réelle influence. Cette symbiose s’explique en grande partie par l’origine germanique de nombreux compositeurs depuis peu installés au Danemark. Weyse, Heise, Kuhlau, la famille Hartmann étaient nés ou souvent avaient vécu un temps dans leur patrie première. Et même si leur intégration fut parfaitement réussie, ces racines profondes (langue allemande, formation musicale et legs culturel) contribuèrent amplement à la pénétration des styles germaniques dans l’Europe du Nord. La situation s’intensifia davantage encore après que , déçu par le rejet de sa Symphonie n° 1, alla la présenter à Félix Mendelssohn  qui l’accepta et la dirigea devant le public de Leipzig en 1843. Gade s’installa dans la ville allemande, protégé par Mendelssohn. Il enseigna au récent conservatoire dont son nouvel ami était le directeur et devint chef d’orchestre assistant, pénétrant plus encore de la sorte dans l’univers musical de l’Allemagne du Nord. En 1847, Gade succède à Mendelssohn décédé mais sa trajectoire exceptionnelle se brise lorsque  la guerre éclate entre le Danemark et la Prusse à propos des Duchés (Schlesvig Holstein) en 1848-1850. De retour au pays il devient pratiquement dans la foulée la personnalité dominante de la vie musicale de Copenhague (directeur du conservatoire et chef  de la Société de musique, le Musikforeningen, entre 1850 et 1890, date de sa  mort). Ce préambule permet de confirmer la position dominante de l’influence germanique sur la musique au Danemark et notamment celle de Leipzig. aurait bien aimé que cette situation perdure sans prendre réellement conscience qu’avec les années son art s’était quelque peu installé dans la routine, voire s’était figé dans son expression et était devenu sourd aux évolutions venues d’autres horizons.

La création de la Société de concert, Koncert-foreningen, motivée par le souhait de jeunes musiciens de contrebalancer la suprématie germanique assurée par la Société de musique, se déroula en 1874. Elle prit la liberté de  présenter des compositeurs français dont principalement et au cours des deux décennies de son existence (1874-1893).

De tout cela résulte une indifférence  assez marquée, mais non belliqueuse, envers la musique française en général, éloignement qui n’épargna point celle de Debussy et de l’impressionnisme. Le temps passant, les mélanges artistiques opérant sans cesse avec une efficacité et une fréquence croissantes, la nouvelle musique française finit par se faire entendre au royaume du Danemark.

Personnalités en lien avec le Debussysme

Rudolph Bergh (1859-1924). Danois. Compositeur, zoologiste, historien de la musique. Nommé membre de l’Académie royale danoise des sciences et des lettres en 1898. A partir de 1903 il s’installe en Allemagne et  se consacre à la composition.  Il retourne au Danemark après le premier conflit mondial et enseigne à l’Académie royale de musique de Copenhague. Il appartient au cercle musical proche de Carl Nielsen. En 1919, il publie Musiken i det nittende Aarhundrede (Musique au 19e siècle). Dans son ouvrage il qualifie Debussy de « musicien le plus original de notre époque » tout en s’interrogeant sur l’existence et la validité de son héritage. Sa musique et son esthétique survivront-elles, ne risquent-elles pas la décadence, l’imitation…

Le compositeur et chef d’orchestre Peder Gram (1881-1956) publia le seul livre danois consacré à la nouvelle musique de l’entre-deux guerres. Dans Moderne Musik (La Musique moderne) de 1934 il souligne la franche amélioration de l’accueil de la musique de Debussy dans la société musicale danoise. « Les œuvres de Debussy furent considérées comme radicales et révolutionnaires et de plus elles étaient stigmatisées comme hérétiques. A présent, elles sont considérées sans reproche, en particulier les œuvres  pour piano, ‘L’après-midi’ et les autres ». Il considère Debussy comme un pivot central de l’histoire de la musique, mais son esthétique très circonscrite et inimitable devra selon lui être dépassée pour qui souhaite aller au-delà.

Carl Bernhard Philipsen. Connu comme pianiste danois défendant la musique moderne. A Berlin il crée les Pièces pour piano op. 11 d’Arnold Schoenberg. A Copenhague il joue les deux Danses roumaines de Bartók (1918). Décédé en 1922.

Poul Rovsing Olsen (1922-1982). Compositeur, critique musical et ethnomusicologue danois, il s’intéresse précocement à la musique non-européenne portant ses regards vers la musique traditionnelle du Groenland et du Moyen-Orient. Ses études se déroulent au Conservatoire royal de musique de Copenhague tout en poursuivant jusqu’à leur terme ses études de droit. Plus tard (1948-1949) il se rend à Paris pour travailler avec et Olivier Messiaen. Son style est initialement néo-classique et influencé par Paris. Il réalise une synthèse assez personnelle entre Debussy, Ali Akbar Khan (joueur de cithare) et Chopin. Ses Trois Nocturnes pour piano (1951) sont dédiés à Debussy qu’ils évoquent sans jamais sombrer dans l’imitation ou le pastiche.

(né en 1954) est un compositeur danois très intéressant. Elève de Ib Nørholm, il termine ses études à Paris (1987).  Pédagogue et acteur de la vie musicale de son pays, son travail de compositeur débute dans les années 1970 au sein du Groupe de Musique Alternative. Il s’intéresse alors à la Nouvelle Simplicité. Il gagne en lyrisme au cours des années 1980. Plus tard une partie de son catalogue montre l’influence de la musique spectrale française. Il est marqué à divers degrés par les œuvres de Murail et Xenakis. Il a orchestré les 14 Préludes pour piano de Debussy (2000). Sa musique pour Windscapes, trois images orchestrales, pour vents, harpe, piano et percussion (1992), fait penser parfois aux trois Images pour orchestre et à La Mer de Debussy.

Crédits photographiques : DR/ Suste Bonnén