ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Carl Nielsen entre sabotage et compréhension

Est-ce que le fait de publier sa propre production discographique rend probable un défaut d’autocritique ? On peut le supposer à l’écoute de la Symphonie n° 1 en sol mineur (1897) d’un jeune et extrêmement brillant compositeur danois livrant à ses contemporains une des premières symphonies les plus accomplies et brillantes de l’histoire du genre. Nielsen garda d’ailleurs sa vie durant un attachement ému à cette musique chaleureuse, aux thèmes bien dessinés, aux rythmes bien découpés, aux timbres déjà fort singuliers.

Qu’en font Sir et l’Orchestre symphoniques de Londres dans cet enregistrement public capté début octobre 2011 ? Tout simplement un massacre ! Si les deux premiers mouvements Andante orgoglioso et Andante restent légèrement en deçà du minimum attendu, les choses se gâtent sérieusement avec un troisième mouvement Allegro comodo mal enregistré, souffrant d’un gros déficit de mise en place et d’engagement, sans oublier d’indiquer les sonorités métalliques plus que désagréables des cuivres. Le dernier mouvement (Finale. Allegro con fuoco) peu fouillé, au bord de la désintégration laisse hurler une flûte piccolo criarde et à proprement parler insupportable.

De quelle horreur allait souffrir à son tour la dernière symphonie du cycle nielsenien (n° 6, dite Semplice, de 1924-1925) ? Orchestre et chef en donnent une très belle lecture soulignant avec talent le Tempo giusto initial, espèce de résumé orchestral dénué de répétitions et redites à la manière d’un dans Une vie de héros. Aussi bien la modernisante Humoresque : Allegretto que son contraire, la section recueillie pour cordes seules, Proposta seria : Adagio, méritent les éloges qui conviennent en se positionnant au niveau des plus mémorables enregistrements. Quant au final basé sur une série brillante et inventive de variations (Tema con variazioni : Allegro), il se voit idéalement décliné pour mettre en valeur les mille et une facettes de l’expression complexe du génial .

Une prestation franchement contrastée donc souffrant de l’absence d’un minimum d’objectivité et de probité dans la Symphonie n°1.