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Vaughan-Williams chez les cow-boys

Harmonia  Mundi, via sa filiale étasunienne, édite cette galette Vaughan Williams. C’est également une sorte de cadeau au chef d’orchestre , qui prit congé, en 2011, de son mandat de directeur musical de l’orchestre de Rochester. Au terme de treize saisons, le chef aura assuré un solide travail dont témoignent quelques disques pour Harmonia Mundi Usa. Peu médiatique,  la phalange de Rochester peut pourtant se flatter d’avoir attiré des directeurs musicaux comme : Erich Leinsdorf, David Zinman ou Jerzy Semkov.

En dépit de ses immenses qualités, l’œuvre de reste cantonnée aux îles britanniques. Très peu de tentatives discographiques sont à créditer à des orchestres autres que ceux de la Grande-Bretagne. Sauf erreur de notre part, l’orchestre de Rochester est le premier orchestre américain à graver la Symphonie n°2, London Symphony.

Malheureusement, on en reste à une lecture orchestrale bien rodée, superbement servie par une prise de son démonstrative, mais qui ne dépasse jamais une simple mise en avant des textures orchestrales. Certes, l’orchestre fait preuve d’un niveau technique très satisfaisant, mais il manque clairement une orientation à cette belle exécution des notes. On s’ennuie même souvent dans les mouvements deux et trois, peu habités et ternes.  Tout est au fond trop rectiligne et trop sérieux, comme si l’orchestre et le chef devaient jouer du Copland académique ou du Barber. On en reste donc aux versions légendaires d’Adrian Boult (EMI ou Decca), d’André Previn (RCA) ou encore de Bernard Haitink (EMI).

On passe rapidement sur un complément : la superbe Serenade to Music, elle aussi traitée avec la rigidité d’un colloque d’universitaires dégarnis.

Un disque plein de bonnes intentions mais indolore et inaudible dans une discographie, certes quantitativement  peu importante, mais qualitativement  exceptionnelle.