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Pierre Labric magnifie la musique de Louis Vierne

Poursuivant sa quête musicale et éditoriale, Solstice nous propose aujourd’hui le deuxième volume des enregistrements de l’œuvre d’orgue de , réalisés au début des années 70 par , immense représentant de l’école française pour orgue. Cet artiste, élève de Jeanne Demessieux, elle-même meilleure représentante de l’école Dupré, avait en effet enregistré en microsillon pour un petit label rouennais, Téléson, l’œuvre complète de Vierne. Un premier volume, récemment paru chez Solstice, était consacré aux six symphonies, sur l’orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sernin de Toulouse. Par la suite, poursuivi ses enregistrements à Rouen même, sur le mythique instrument de Saint-Ouen.

Le présent coffret offre toute une série de pièces de dimensions plus modestes, mais néanmoins passionnantes et variées dans leur inspiration. Les 24 pièces en style libre, dont le premier éditeur n’a hélas pas pu mettre à disposition les trois dernières pièces, bénéficient cependant d’une interprétation sensible et merveilleusement colorée sur les jeux uniques de cet orgue, chef d’œuvre du maître Cavaillé-Coll. D’autres pièces, dont les improvisations restituées par Maurice Duruflé à partir de vieux 78 tours réalisés par Vierne en 1930, sont passionnantes : la deuxième intitulée Méditation, évoque quelque musique de film, dont on s’étonne que personne ne l’ai reprise à cet usage depuis. On écoutera avec recueillement et émotion, extraite du Tryptique op. 58, la Stèle pour un enfant défunt, dernière pièce que débutera juste avant de succomber à ses claviers, à Notre-Dame de Paris, le soir du 2 juin 1937. Il s’agit là d’une pièce sublime, portée par la flûte harmonique de Saint-Ouen, jeu magique, qui se répand tel un parfum dans cette immense nef.

La prise de son analogique, déjà ancienne de quarante ans, est excellente, et parfaitement reportée ici en support numérique. On sent le « grain » de cet orgue ! C’est dire si nous attendons avec impatience le troisième et dernier volume, qui sera consacré aux 24 pièces de Fantaisie, autre monument incontournable dans l’œuvre de Louis Vierne, toujours captées à Saint-Ouen de Rouen.

Et il est heureux de saluer ici cet hommage logique et indispensable rendu à , dont la modestie et la discrétion n’ont d’égal que son talent et sa vision hautement inspirée, d’une musique au sommet du répertoire de l’orgue symphonique français.