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Marin Alsop passe à Mahler

Pas de repos pour la chef d’orchestre . Elle fonce tête baissée au pupitre de ses orchestres (Baltimore et Sao Paulo) pour nous offrir un nouveau disque : son quatrième cette année. A ce rythme accéléré, elle va bientôt dépasser Gergiev pour le record annuel de parutions…

On connaît les qualités de la musicienne : un charisme naturel et un enthousiasme à toute épreuve, additionnés  à un gout américain pour la précision chirurgicale et les effets parfois grandiloquents. Mais ces atouts peuvent se convertir en défauts : ses lectures des symphonies de Dvořák, bodybuildées aux frontières du bon gout sont, à  ce titre, à fuir. On pouvait craindre le pire pour cette musicienne, plus à l’aise avec les grosses machines virtuoses du XXème siècle, qu’auprès des teintes torturées de la musique de .

Pourtant,  la chef  réussit, haut la main, son entrée dans le petit monde des mahlériens émérites.  Sa lecture est un peu carrée, bourrue mais elle est portée par une gestion naturelle des phrases musicales.  Les tempi permettent aux flux instrumentaux de progressivement s’éveiller portés par des pupitres à la rigueur redoutable et à la finesse de trait parfaite. Les dynamiques sont savamment réglées et explosent quand il faut, mais sans verser dans le tonitruant ou le pachydermique.  On perd un peu en naturel dans le dernier mouvement. Quelques transitions sont un peu trop éteintes mais la gestion des dernières mesures est un modèle de direction.

Bien évidemment, une telle lecture est à contextualiser au regard des grandes versions et des parutions récentes majeures (David Zinman-RCA ou  Manfred Honeck-Exton) en attendant la publication de la nouvelle version d’Ivan Fisher (Channel). On retiendra donc une belle lecture, menée au panache et avec sens du style, par une figure marquante de la direction actuelle. Le tarif Naxos décidera peut être les mélomanes à acquérir cette galette.