Manfred Honeck, le grand mahlérien des années 2010 ?

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°3 en ré mineur. Michelle DeYoung, mezzo-soprano ; Mendelssohn Choir Pittsburgh, direction : Betsly Burleigh ; Children’s Festival Choir of Pittsburgh, direction : Christine Jordanoff ; Pittsburgh Symphony Orchestra, direction : Manfred Honeck. 2 SACD Exton. Référence OVCL-00450. Code barre : 4 526977 00. Enregistré en concert en 2010. Notice de présentation en : japonais et anglais. Durée : 102’56.

 

Nous notions, à l’occasion de la très récente parution de cette même Symphonie n°3 de Mahler, sous la direction du chef Jonathan Nott, à quel point cette symphonie est un examen redoutable pour les chefs d’orchestre. En effet, nombre d’entre eux, et pas les moins talentueux, se sont pris les pieds dans le tapis !

Pas de risque avec Manfred Honeck qui construit, avec patience, son intégrale Mahler avec ses forces de Pittsburgh. Venant après une fort belle « Titan » et surtout une exemplaire Symphonie n°4, cette lecture, de concert, de la Symphonie n°3, s’affirme déjà comme un accomplissement.

L’intérêt de la démarche d’Honeck est de faire fi des Mahler conceptuels actuels et de se concentrer sur le discours avec des tempi parfaits qui lui permettent d’animer le déroulement thématique tout en gardant le sens de la construction. Le long portique d’entrée s’affirme naturellement et ce n’est pas, comme trop souvent, une suite d’épisodes mal reliés, mais véritablement un mouvement traité avec logique et intelligence. Le chef autrichien parvient également à fusionner les thèmes et les transitions en travaillant une imbrication parfaite des pupitres de son orchestre. À ce titre, la performance des musiciens étasuniens est un modèle de précision technique et de richesse des couleurs que la prise de son Exton met en valeur. Les mouvements centraux, et surtout le très nostalgique troisième mouvement, sont cernés avec une alliance de précision américaine et de bonhommie viennoise, mais sans kitsch ou sans facilités. On retrouve également la capacité du chef à contraster le discours à l’intérieur même d’un mouvement avec de légères fluctuations de sa battue.  La prestation des forces chorales entraîne également l’admiration avant que , emporte tous ses musiciens dans le  « Langsam.Ruhevoll.Empfunden » final. Là encore, le chef  trouve la voie parfaite en respectant l’écriture mahlérienne qu’il ne tire pas vers une sorte de mix hybride de Richard Strauss et de Dvorak. La beauté des textures des cordes mérite que des éloges.

C’est donc l’une des lectures contemporaines les plus intéressantes, qui marque l’affirmation d’un tandem artistique majeur de notre temps. On attend la suite avec impatience.

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