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Franck encore et toujours à la liégeoise

La Symphonie en ré mineur de est devenue, au fil du temps,  comme les boulets sauce lapin et la Foire d’automne du parc d’Avroy, un symbole de la Cité ardente. Présente systématiquement lors des tournées de l’, elle fait partie inhérente de sa discographie.  , nouveau directeur musical de la phalange liégeoise (depuis la saison 2011-2012), enregistre la troisième version discographique liégeoise de ce tube après les lectures de (Ricercar) et (Accord). La barre est doublement placée haut pour le jeune autrichien car la version de est mondialement reconnue comme « la » référence et les récents directeurs musicaux de l’orchestre belge avaient d’emblée cassé la baraque dans la musique française : Louis Langrée dans Franck/Chausson et Ravel, dans Jongen/Saint-Saëns et Dutilleux/Caplet et même le très bref dans Franck et Lalo/Saint-Saëns.

Dans ce contexte, loin de son arbre généalogique culturel et musical, peine à soutenir la comparaison. On sent le chef peu à son aise dans une œuvre dont il peine à comprendre l’hybridité, à cheval  sur la forme germanique et sur la sensibilité latine. Dès lors, sa Symphonie en ré mineur, alterne des moments d’emballements un peu trop brucknériens, à des tunnels contrapuntiques.  Le chef semble favoriser la masse des cordes et l’impact des cuivres, au détriment des lignes de vents. La sonorité de l’orchestre apparaît touffue et manque de finesse.  Avec plus de pratique de l’œuvre, Arming pourrait certainement affirmer une vision personnelle, mais enregistrée en introduction de mandat, il rate sa marche et sa lecture ne s’impose pas dans une discographie des plus riches, même chez les chefs contemporains : Janowski (Pentatone), Herreweghe (Harmonia Mundi), Tortelier (Chandos), Dutoit (Decca) et évidement Langrée, le must absolu.

Très vaste, l’œuvre de Franck comporte des chefs d’œuvres incontestables, mais aussi des partitions très très secondaires. Composé d’après un poème de Victor Hugo, Ce qu’on entend sur la montagne manque bigrement de souffle et d’impact.  La musique, savante dans ses effets de timbres, s’étire mollement. Arming est attentif aux détails, mais il ne peut rien faire contre le vide de cette pièce.

Changement de registre avec les petits macarons du ballet allégorique Hulda, seuls survivants d’un opéra maudit.  La musique est troussée avec grâce et sens du mouvement, mais le chef reste bien trop sage. Il faudrait un enragé comme Jérémie Rhorer pour transcender, à la hussarde, ces petites pièces.

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