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À emporter, CD, Musique symphonique

Joseph Jongen (1873-1953) : Symphonie concertante pour orgue et orchestre op. 81. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Symphonie n°3 en do mineur avec orgue op. 78. Olivier Latry, orgue ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé. 1 CD Cypres CYP 7610. Enregistré en juillet dans la salle philharmonique de Liège. Notice de présentation en français, néerlandais et anglais. Durée : 72’54

 

Le label Cyprès propose le premier disque, très attendu dans nos contrées, de l’Orchestre Philharmonique de Liège et de son nouveau directeur musical Pascal Rophé. Assez généreux, ce programme s’articule autour de deux pièces majeures pour orgue et orchestre.

En ouverture, les musiciens nous offrent la rutilante symphonie concertante de . Né à Liège, cet artiste remporta de nombreux succès en tant qu’organiste, tout en assurant la direction des conservatoires de Liège et de Bruxelles. L’histoire de sa symphonie concertante est assez curieuse. Sa commande émane de l’Américain Rodman Wanamaker qui voulait une pièce de Jongen pour marquer la restauration de l’orgue trônant en plein milieu de son grand magasin de Philadelphie. L’instrument, construit initialement pour l’Exposition universelle de St Louis en 1909, était alors le plus grand du monde avec ses 28. 000 tuyaux, 455 jeux et 6 claviers ! La symphonie sera finalement créée, après la mort de son commanditaire, en 1928 à Bruxelles. Bien équilibrée, cette musique flatte l’oreille par la variété et la beauté de ses harmonies et par la sûre maîtrise de ses développements. Les deux mouvements centraux sonnent d’ailleurs avec une rare finesse alors que les mouvements extrêmes s’imposent avec éclats et puissance. Les qualités, maintes fois évoquées dans nos colonnes de l’orchestre liégeois et de son chef font merveille dans cette musique spectaculaire mais très raffinée. De son côté, fait jaillir mille couleurs de l’orgue Schyven de la salle philharmonique de Liège. La concurrence étant clairsemée et distribuée de manière fort aléatoire (on écoutera pourtant attentivement la version Jean Guillou / Eduardo Mata pour feu le label Dorian), ce disque s’impose comme la référence dans cette œuvre.

La discographie de la Symphonie n°3 de est autrement plus sérieuse avec de très nombreux disques majeurs signés Charles Munch (EMI), Jean Martinon (EMI), Michel Plasson (EMI), Paul Paray (Mercury), Zubin Metha (Teldec), Daniel Baremboim (DGG) ou encore le récent Yannick Nézet-Séguin (ATMA). Dans ce contexte plutôt vertigineux, Pascal Rophé sait choisir des tempi allants tout en évitant le piège de la « romantisation » à outrance qui plombait le récent disque de Christoph Eschenbach (Ondine). Habitué à jouer cette musique, l’Orchestre Philharmonique de Liège allie la limpidité et la logique des traits à la puissance des dynamiques. La direction de Pascal Rophé met en lumière de nombreux sortilèges de l’orchestration avec un second mouvement aux nuances savamment dosées, mais elle sait aussi faire vrombir l’orchestre dans un final altier et vaillant.

Dans un tel programme, la prise de son est un élément central. Le travail des techniciens du label Cyprès est très fidèle en terme de restitution des timbres et des dynamiques. Agrémenté de la reproduction d’une très belle lithographie, ce disque s’impose comme un jalon essentiel de la discographie concertante pour orgue et orchestre.

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