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Trésors de la musique chorale anglaise de la Renaissance

De cette plongée au sein de la musique latine de l’époque des Tudor en Angleterre on ressort séduit. Cette musique et cette interprétation magistralement assurée par le chœur mixte Magnificat rendent compte du sentiment perçu par l’auditeur : un éblouissement prodigieux, un délicieux vertige, un mystère partiellement dévoilé. Les musiques de Byrd, Parsons et White revivent avec leur parure empreinte de noblesse, de dévotion, d’intensité dont on imagine sans peine la marque sur les auditeurs du 16e siècle pétris de religiosité et de respect profond pour tout ce qui en découlait. La (re)lecture organisée par , chanteur et chef de chœur, fondateur de l’ensemble vocal Magnificat en 1991, mérite les plus beaux éloges car, à l’instar des réalisations précédentes (concerts publics et enregistrements) notamment consacrées à Palestrina, Philippe Rogier (compositeur  flamand installé en Espagne, Arras, vers 1561-Madrid, 1596), ou Tomas Luis de Victoria, il allie le respect des partitions et des époques dont elles sont issues et l’investissement magique aboutissant à d’authentiques chefs-d’œuvre interprétatifs. La polyphonie vocale de la Renaissance nous livre grâce à ces interprètes à la fois respectueux et inventifs des merveilles comme la luxuriante écriture du Domine, quis habitabit de ou encore les profondeurs et les richesses vocales de l’impressionnante partition de intitulée Lamentations a 5. Moins connues que celles de , les Lamentations de et de Byrd n’en méritent pas moins une place de choix tant elles transportent ceux à qui elles sont destinées vers une élévation spirituelle  tout à fait pertinente aux oreilles et à l’âme de nos contemporains par trop abandonnés par la légitimité de la réflexion, de la méditation, du mysticisme, accompagnées ou non, de rapprochement pieux.

Un enregistrement fortement conseillé pour qui souhaite tenter l’approche d’un volet précieux de l’immortelle polyphonie vocale à l’honneur depuis plus de cinq siècles.