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Musique française par un Orchestre Lamoureux enthousiaste

Le Théâtre des Champs-Elysées reçoit en visite les orchestres les plus célèbres d’Europe. Ce sont pourtant les orchestres parisiens, moins prestigieux, qui proposent les programmes les plus originaux. Ainsi l’, après avoir présenté lors de ses deux précédentes apparitions des pièces de Guillaume Connesson et d’Ibert, achève son cycle de musique française avec un chef d’œuvre trop rarement donné, la Symphonie de Chausson. Qui plus est, l’orchestre paraît en bonne forme, sous la conduite enthousiaste de son chef depuis un peu plus d’un an, (lire notre entretien).

Le concert débute par un extrait du ballet de , Les hauts de Hurlevent. Cela donne l’occasion au chef, amateur de ce répertoire (il fut plusieurs années directeur musical du New York City Ballet), de gratifier le public d’une petite analyse musicale illustrée d’exemples joués par les membres de l’orchestre, dont un vielleur.

Après ce court morceau joliment évocateur, le compositeur vient saluer et on enchaîne avec le Concerto pour deux pianos de Poulenc. Cette œuvre est à la fois diablement efficace et délicate à manœuvrer : il faut concilier l’énergie et la décontraction, la loufoquerie et le pince-sans-rire. L’association de avec produit un intéressant contraste, lui fantasque et délié, elle plus franche. Avec un accompagnement parfois tapageur et confus, la machine fonctionne gaiement, à défaut d’une ligne directrice.

La Symphonie de Chausson a ses détracteurs, et l’interprétation massive qui en est donnée pourrait apporter de l’eau à leur moulin. Malgré l’élan des thèmes et le respect des indications expressives, la lassitude guette à la fin d’un premier mouvement déjà très dense en lui-même. Le finale s’essouffle alors qu’il devrait gagner en animation, ce qui diminue ensuite l’effet du majestueux choral de cuivres, pris sans doute trop rapidement. Néanmoins, il s’agit d’une interprétation solide et pleine de conviction. Et puis l’œuvre est magnifique, c’est une évidence.

Conclure par España revient à s’assurer un bis. L’audience est conquise par le plaisir manifeste que l’orchestre prend à jouer cette œuvre emblématique des Concerts Lamoureux depuis sa création en 1883. Dommage, simplement, que choisisse de se dandiner comme une gitane et encourage l’orchestre à alourdir les effets plutôt qu’à les alléger. Mais ça n’est pas bien grave : après une période difficile, l’ se porte bien, et c’est une heureuse nouvelle.

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