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Attila à l’assaut du Mariinsky

On dira ce qu’on voudra, le clinquant du jeune Verdi sied bien à la direction énergique et sur-vitaminée de , davantage ici dans son élément que dans certaines de ses précédentes réalisations.

Et le plateau réuni sur la scène du Mariinsky, s’il ne brille pas par les subtilités belcantistes d’une écriture vocale encore proche des cantilènes donizettiennes, est d’une solidité à toute épreuve et d’une redoutable efficacité. Largement dominé vocalement et physiquement par l’imposante figure d’, Attila d’anthologie (lire notre compte-rendu de sa prestation quelques mois avant cet enregistrement), il fait montre de toutes les qualités de l’école de chant russe actuelle, marquée par des voix saines, puissantes et bien timbrées mais rompues également à l’exigence de la ligne et dépourvues des stridences de naguère. A côté d’Abdrazakov, on distinguera tout particulièrement la belle Odabella d’, plus à l’aise cependant dans les demi-teintes de l’élégiaque « Liberamente or piangi » que dans la tessiture impossible du « Santo di patria ». est un Foresto lui aussi valeureux et digne, qui surclasse de peu le respectable Ezio de dans un rôle qui n’atteint pas encore la noblesse et la profondeur des futurs grands emplois de baryton Verdi. Le chœur et l’orchestre, dans cet ouvrage, sont suprêmes.

La mise en scène est à l’image de la réalisation musicale. Sans recherche particulière, ce côté « brut de décoffrage » dans des décors qui vous sentent le bon barbare, évite à tout moment le kitsch ou le mauvais goût, et se laisse déguster sans aucune arrière-pensée. Au final, ce spectacle qui ne déconstruit rien et qui ne dérange ni par sa modernité ni par son traditionalisme vous a quelque chose de furieusement stimulant et rafraîchissant !