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Quand Trisha Brown collaborait avec Rauschenberg…

Eblouissant ! « Foray Forêt », la première pièce proposée lors de cette deuxième soirée de la compagnie au Festival d’Automne est d’une extrême sophistication, malgré son apparente simplicité. Beauté des costumes irisés et cuivrés et des lumières de soleil couchant signés . Complexité de l’écriture chorégraphique qui s’enrichit de multiples variations, solos, duos et ensemble infiniment réinventés. Onirisme et réalité de la fanfare invisible qui joue dans les coulisses, de loin ou de plus près, une partition à la fois familière et incongrue.

Invisible, le visage de , la danseuse qui interprète entièrement de dos le solo « If you couldn’t see me », l’est aussi. Performance fluide et gracieuse, ce solo éminemment aimable est l’œuvre la plus récente de ce deuxième programme. Il explore un répertoire délicat, autour de cette partie du corps – le dos – rarement aussi bien mise en valeur. Là aussi, costume et scénographie sont signées de , plasticien collaborateur de longue date de la chorégraphe.

Tout comme ceux de « Astral convertible », pièce qui clôture le programme, un spectaculaire décor de tours métalliques mobiles qui fournissent en toute autonomie le son et la lumière. De quoi rendre le spectacle « transportable » sur les places et les lieux publics, comme le souhaitait . Une manière de renouer avec le passé nomade des « Early Works ».

Disséminés sur le plateau, les projecteurs font apparaître et disparaître des ombres, sculptent les corps dans l’espace. L’écriture corporelle, aussi bien féminine que masculine, est dynamique et héroïque, enchaînant les mouvements comme dans une frise antique. Une pièce foisonnante qui donne des frissons et met un point final à cette exceptionnelle programmation parisienne de la compagnie américaine.

Crédit photographique © Julieta Cervantes

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