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Un panorama de la musique américaine

Le musicologue , dont les publications sont pour le moins éclectiques, dresse dans son dernier ouvrage un panorama de la musique aux États-Unis, des premiers colons à nos jours, sous-tendu par le postulat suivant, simple et incontestable : la musique américaine est un métissage entre musiques européenne et africaine.

L’intérêt du livre repose dans sa grande clarté et sa concision. Le style, simple, évite l’écueil d’une surcharge de vocabulaire technique ; le sujet est quant à lui traité de façon synthétique, les différentes étapes de l’évolution (complexe) de la vie musicale américaine sont brossés de manière efficace et suivant l’ordre chronologique, dans des chapitres courts où foisonnent les mentions d’oeuvres et de compositeurs souvent méconnus. Ces énumérations, parfois fastidieuses, ont toutefois le mérite de donner l’envie d’écouter ces musiques, d’en savoir plus sur ces artistes. L’auteur s’étend davantage sur les grandes figures historiques que sont Dvorak, Ives, Gershwin, Copland ou Bernstein, qui personnifient les grands orientations esthétiques. Le livre s’avère donc une porte d’entrée tout à fait pertinente pour le sujet.

Au regard du postulat de , on est réservé cependant quant au peu de place accordé aux répertoires populaires. Gospel, Blues, Jazz, sont ainsi rapidement mentionnés alors qu’ils constituent de fait et en outre l’essentiel de l’apport afro-américain à la musique du pays. Le sous-titre d’ailleurs est trompeur, puisqu’en définitive, l’auteur ne nous parle pas de « la musique aux États-Unis », mais uniquement de la musique savante. Quoique, puisqu’il en vient à ériger le musical en grand genre typiquement américain. Mais alors : le musical est-il un genre savant ou populaire ?
La question est, il est vrai, épineuse, et l’auteur aurait pu clarifier sa terminologie. Le genre est populaire en ce sens qu’il est plébiscité par le public, alors que des compositeurs savants comme Gershwin, ou Bernstein l’illustrent brillamment, et que certaines des chansons extraites des musicals sont réinvesties dans le jazz, un style musical issu du peuple.

Ce hiatus est peut-être cependant ce qui définit le mieux la musique savante américaine, à savoir, et comme le dit Nicolas Southon en conclusion de son ouvrage, une musique qui ne cherche pas à se détourner du public de son temps, contrairement à certaines avant-gardes européennes, notamment dans l’après-guerre.