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La Staatskapelle de Dresde héroïque dans Strauss

Œuvre exigeante et délicate s’ouvrant sur un pupitre de cors, le poème symphonique Orpheus nous offrit l’agréable surprise d’une en grande forme et d’un chef aussi actif que rigoureux. Cette ouverture réussie précédait le quatrième concerto pour piano de Beethoven qui, hélas, nous laissa une impression mitigée.
Si une partie du public a semblé très enthousiaste devant la prestation de -dégageant une vive assurance, il est vrai- ce pianiste encore peu connu en France nous aurait pourtant paru nettement plus convainquant dans un concerto de Liszt ou de Rachmaninov. En effet, on a déploré les phrasés alourdis par une pédale très (trop?) romantique et c’est d’autant plus regrettable qu’il est capable d’obtenir de très belles couleurs dans les pianissimo. À l’inverse, les forte nous ont donné la vision récurrente d’un trop-plein d’énergie et d’une verve pas toujours bien canalisée (l’agitation quasi-permanente de sa jambe gauche durant tout le concerto semble d’ailleurs abonder dans ce sens), avec pour conséquence malheureusement des attaques légèrement heurtées. Néanmoins, il ne faudrait pas noircir le tableau : la performance pianistique, acceptable en elle-même, a été parfaitement soutenue par un orchestre tout en légèreté et fort respectueux des carrures: à ce titre, le second mouvement Andante con moto fut remarquablement bien défendu.

Pièce majeure de la soirée qui n’est pas sans rappeler son illustre aînée l’Héroïque -dont elle partage la tonalité- Une vie de héros de fut l’occasion de constater d’une part, que la violoniste n’a rien à envier aux soeurs Nemtanu, et d’autre part, que , en dépit d’une battue quelque peu surprenante (les temps sont marqués vers le haut) sait aussi bien obtenir de ses musiciens des lignes d’une extraordinaire finesse que des tutti grandioses sans jamais être grandiloquents, et parfaitement équilibrés de surcroît. Dirigeant de mémoire et doté d’une gestuelle sobre et précise, a su ménager des contrastes, évitant ainsi les longueurs et clarifiant l’écoute de cette œuvre particulièrement dense -l’esprit de concision n’étant pas toujours palpable chez Strauss ! De plus, la belle homogénéité des pupitres fut indéniablement un atout -mention spéciale aux pupitres des cuivres qui ont confirmé leur grande solidité. En bref, l’accueil très chaleureux du public fut des plus mérités : espérons que la Staatskapelle figurera de nouveau dans la programmation des salles parisiennes la saison prochaine.

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