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Requiem de Mozart à La Chaise-Dieu par Giulio Prandi

Belle affluence pour ce concert avec, à l’affiche, un « tube » de la musique sacrée. Il en faut des « tubes », surtout lorsque nombre de spectateurs découvrent certains artistes. Les étaient venus de Pavie à Ambronay, en 2012, avec Mozart et d’autres solistes. En 2014, ils sont au programme de La Chaise-Dieu, avec Mozart précédé par la lumière de Galuppi.

Comme d’habitude, le concert s’ouvre avec une pièce d’orgue. L’allegro moderato d’une sonate de Carl Philipp Emanuel Bach lance, sans enthousiasme, cet après-midi.

Le Dixit Dominus de Galuppi réveille, heureusement, l’assistance. Le Ghislieri Choir propose, en effet, une version très dynamique comportant de belles nuances, version de laquelle ressortent deux choristes qui, dans le Juravit Dominus, dialoguent avec l’ensemble. Le Gloria qui termine l’œuvre met en valeur une articulation nette et efficace. Même les spectateurs situés derrière le jubé comprennent le texte. C’est dire… La direction de est discrète, sans partition, et illustre une réelle complicité entre les musiciens et chanteurs et… l’œuvre.

Proposées comme une transition, les Litaniæ Lauretana montrent un chœur moins à l’aise, le nez dans la partition, et des solistes un peu ternes. Une interprétation plus ennuyeuse que priante. On craignait, alors, celle du Requiem…

Et on avait tort ! Bien servis par l’instrumentarium, avec les inévitables cors de basset, les Ghislieri ont donné une interprétation lumineuse et très vivante (!) du Requiem de Mozart. Des pianos en écho superbes, une articulation toujours aussi efficace, ont été très appréciés par le public. Le Kyrie est tonique. Le Dies irae est violent. Le chef est « en colère ». Ses mains jettent les cendres… Basson et trombone dialoguent dans le Tuba mirum. On retiendra la jolie voix de qui a remplacé, au pied levé, Romina Basso. La voix du ténor est un peu étroite, dommage. Le Rex tremendæ est solennel à souhait. La vidéo, visible et très utile, dans les nefs latérales et derrière le jubé, permet d’apprécier l’expressivité de la direction de . Le Lacrimosa est intériorisé, délicat, prolongé par un Pie Jesu priant et terminé par un Amen plein de résignation. Le Domine Jesu Christe est donné dans le style d’une conversation mezzo-forte. Les Osanna du Sanctus se courent un peu après mais ils sont vivants et expressifs. L’œuvre se termine avec d’énergiques mais très clairs Cum sanctis. La fin est là, plus nuancée. Voilà une belle et typique interprétation de ce « tube » que l’on connait par cœur, illuminée par le soleil des de Giulio Prandi.

Crédit photographique : Giulio Prandi © Jean-Noël Démard