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Premier enregistrement intégral de l’Orestie de Darius Milhaud

inspire Milhaud pour deux heures et demie de musique hautement représentative de son esthétique faite de gaîté débridée, de lyrisme discret, d’intérêt pour les musiques folkloriques et le jazz,.

L’Orestie, la trilogie dramatique d’Eschyle fut représentée avec grand succès en 458 avant J.-C. à Athènes. Elle inspira de nombreux lecteurs musiciens (Gluck, Richard Strauss, Sergeï Taneiev, Iannis Xenakis…) et en particulier le très prolifique qui en tira un opéra sur un livret de .

Le compositeur français livra successivement Agamemnnon en 1913, Les Choéphores en 1916 et Les Euménides en 1927. L’ensemble représente deux heures et demie de musique hautement représentative de son esthétique faite de gaîté débridée, de lyrisme discret, d’intérêt pour les musiques folkloriques et le jazz, le tout acceptant dans une expression polyrythmique et polytonale au sein d’une atmosphère privilégiant fortement une légèreté populaire, parfois excessive, non acceptée par beaucoup. Membre d’une certaine avant-garde au début du 20ème siècle, Milhaud jouit à présent d’une certaine popularité reposant essentiellement sur le remarquable Bœuf sur le toit, datant de l’époque de la gloire du Groupe des Six. Une grande partie de son catalogue s’appuie sur le rejet du passé (Wagner aussi bien que Debussy) ce dont témoigne cette trilogie typique du style de Milhaud où s’exprime avec un rythme trépidant tous les traits constitutifs proches de la musique de cabaret et d’échappées ludiques multiples contenues dans la vaste partition complète enregistrée pour la première fois par Naxos sous la direction maîtrisée et efficace de , chef américain au CV luxuriant, à la direction ample et chaleureuse, jadis élève de Carlo Maria Giulini, Eric Leinsdorf, John Nelson. Il a dirigé entre autres, l’Ensemble InterContemporain. Exemple typique de théâtre musical, l’Orestie de Milhaud s’avère à la fois brillante, innovante, déjantée mais aussi empreinte de caractère dramatique dont la musique et les voix (la diction laisse souvent à désirer) devraient intéresser les amateurs de ce genre pas si éloigné que cela de l’esprit du cirque.