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Leif Segerstam et le National : la force qui va

Avec , l’ retrouve de la conviction dès la pièce d’ouverture, dans un programme puissamment exécuté.

dirige assis et sans se tourner d’un côté ou de l’autre. On ne voit donc quasiment rien de ce qu’il peut demander à l’orchestre. Mais on l’entend parfaitement. Sous sa main, l’Orchestre National retrouve ce qui lui fait parfois défaut avec d’autres chefs invités, la conviction. Dès l’entame de Francesca da Rimini, l’énergie est plus sensible que les nuances. L’Allegro vivo marche à haut régime, le cantabile, quoique soigné, n’arrête pas le mouvement qui conduit l’œuvre à sa fin. La traditionnelle ouverture qui débute un concert symphonique est souvent un exercice d’échauffement, pour l’orchestre comme pour le public ; cette fois-ci, l’impulsion est irrésistible.

On peut s’attendre, après cela, à un Sibelius d’une force tellurique. La Symphonie n° 2 n’est-elle pas des plus héroïques ? Leif Segerstam réussit à mettre en relief beaucoup de détails. Mais c’est bien la même poussée continue qui porte l’interprétation. La matière sonore est toujours heureusement dosée. Même les passages où la pesanteur est explicitement réclamée ne sonnent pas opaque. L’Orchestre National domine cette œuvre, comme en témoignent les belles interventions des bassons (second mouvement) et du hautbois (troisième mouvement). Et tant pis si les attaques des violons ne sont pas toujours parfaites, quand elles sont habitées par une réelle force expressive, partagée par les autres pupitres de cordes. Encore le chef sait-il garder de la puissance en réserve, pour obtenir un Finale aussi triomphant que possible. On pourrait encore citer des passages de transition (lettre F du second mouvement) et de développement (lettre C du troisième) également réussis.

On avait trouvé auparavant la même énergie dans la « musique du clair de lune » et le monologue final de Capriccio. Nulle préciosité de salon, nul petit doigt levé, comme c’est l’usage. Mais la grande voix d’ et l’accompagnement volcanique rendent soudain la comtesse Madeleine sœur de Chrysothémis, sinon d’Elektra. L’excellente diction permet à la chanteuse de donner une incarnation inattendue mais finalement attachante.

Photo : Leif Segerstam (c) Seilo Ristimäki

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