ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

La rentrée de l’Orchestre Dijon Bourgogne

L fait sa rentrée avec des oeuvres de Beethoven et de Schubert.

L’ fait sa rentrée après bien des vicissitudes qui ont failli lui coûter la vie, et il la fait dans deux œuvres qu’il n’avait pas encore abordé.

La quatrième symphonie de est interprétée d’une façon bouillante et contrastée par . Dès l’introduction adagio du premier mouvement, il tente des oppositions de nuances marquées, et cette volonté d’expression restera une constante durant toute l’œuvre. Dans les nuances forte, l’orchestre répond avec une plénitude sonore qui témoigne d’un travail suivi : en effet, l’équilibre entre les différents pupitres est bien atteint. En revanche, dans celles plus piano, la densité sonore est insuffisante et manque de présence ; cela se fait sentir dès cette introduction adagio où les dialogues paraissent pâles. On a l’impression que l’ensemble des cordes manque parfois de confiance en soi, pourtant il y a de beaux moments dans cette interprétation : le second mouvement les met en valeur, et le thème volubile du dernier témoigne encore une fois d’un travail soigné de la part de ces pupitres. Et on éprouve un plaisir sans restriction aux soli des bois : la flûte phrase avec sensibilité, la clarinette tient son rôle expressif dans le second mouvement, les bassons interviennent avec humour et à propos dans le premier et dans le troisième.

La Missa Solemnis de Schubert, composée entre 1819 et 1822,  permet de rendre justice au travail effectué par le chœur et par ses chefs successifs : Mihaly Zeke, lors des précédentes saisons, et Alexandre Herviant font de cet ensemble une phalange respectable.

L’homogénéité n’est jamais mise en défaut lorsque le chœur est au complet. En revanche, on aimerait que les altos et les basses soient plus présents lors des fugues. Les piano sont remarquables et contribuent à donner cet impression de tendresse si schubertienne dans le Kyrie. On apprécie la voix très charnue de l’alto et celle, prometteuse, du ténor . Les  dialogues des solistes et du chœur dans le Benedictus et dans l’Agnus Dei permettent de conclure, en beauté et dans la douceur, cette messe à la fois conventionnelle et surprenante.

Photo : ODB (C) Atelier Marge Design