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Anna Netrebko se mesure à Richard Strauss

En 2012, à Salzburg, avait accompagné dans un récital composé exclusivement de mélodies russes. Cette fois, elle le suit en territoire germanique interprétant les Quatre derniers Lieder de .

ne cesse de surprendre. Deux mois à peine après sa première Lady Macbeth au Staatsoper de Munich, et juste avant de reprendre ce même rôle au MET de New York, elle interprète à Berlin ses premiers Quatre derniers Lieder de . Trouverait-elle la couleur juste pour cette musique située bien loin de l'univers sombre de l'opéra verdien ? Bien des mélomanes en doutaient.

A tort, comme le prouve le CD tiré de ce concert berlinois. Netrebko allège au maximum sa voix. Lumineuse, sensuelle, d'une admirable souplesse, elle plane au-dessus du tissu orchestral nous enchantant notamment par la beauté de ses aigus filés. Evidemment, la couleur bronze de son timbre souligne le côté automnal et crépusculaire de ces lieder – et Barenboim la suit sur cette voie en accentuant à son tour les couleurs sombres de la . Ne citons pour cela que le magnifique solo du cor à la fin du troisième lied gorgé de mélancolie. Et pourtant, il reste un bémol. En privilégiant à tel point la beauté du son Netrebko néglige complètement le texte. Toutes les voyelles se ressemblent et les consonnes sont pour la plupart absentes. Il lui reste donc du travail à accomplir avant ses débuts en Elsa, annoncés pour 2016.

En deuxième partie du programme, Barenboim et son orchestre offrent une lecture énergique du poème symphonique Ein Heldenleben. Là encore, c'est la beauté du son qui prime au détriment d'une analyse plus profonde et raffinée. Mais ne boudons pas notre plaisir car la brille de tous feux. Et finalement, une certaine grandiloquence wagnérienne fait bien partie de cette œuvre du jeune .

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