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Karel Ančerl en terre viennoise

enregistré à Vienne dans son répertoire de prédilection est une affiche prometteuse, mais le résultat est à réserver aux collectionneurs du grand chef.

Dans notre discographie comparative de la Symphonie du nouveau monde, nous avions placé en tête l’interprétation d’Ančerl avec sa Philharmonie tchèque, et il était donc intéressant d’entendre ce qu’en faisait le chef quelques années plus tôt à Vienne. Certes, le Symphoniker n’est pas le Philharmoniker, mais on mesure avec cet enregistrement à quel point la musique de Bohême ne coulait pas naturellement dans les veines des Viennois, même quand ils étaient dirigés par un chef de référence. La musique y sonne germanique (plus tendance brucknérienne que mozartienne), sans la luminosité et l’emportement rythmique essentiels à ce répertoire. Cela donne des résultats intéressants dans Dvořák, et pas du tout probants dans Smetana, dont la Moldau est la quintessence de la musique tchèque.

Les amateurs du chef tchèque apprécieront dans cet album le soin porté aux textes du livret, ainsi que tout ce que cet enregistrement révèle en creux sur le travail de fond accompli par Vaclav Talich et Ančerl pour faire de la Philharmonie Tchèque une formation d’exception. Les autres mélomanes en resteront aux références laissées chez Supraphon, sans oublier les quelques témoignages vidéos qui nous restent.

Portrait à lire sur ResMusica : Karel Ančerl, la musique pour survivre