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Paavo Järvi et Joshua Bell à Munich

Un programme original dominé par dans un concerto de Tchaïkovski séduisant

À défaut d’une grande cohérence, le programme proposé par pour son concert à la tête de l’ a au moins le mérite d’une originalité plus grande que ce que les saisons des grands orchestres internationaux proposent.

La courte ouverture de Nielsen qui ouvre le programme n’est guère qu’une mise en appétit du reste fort engageante, les choses sérieuses commencent avec le concerto pour violon de Tchaïkovski, venu hélas remplacer celui de Chostakovitch initialement prévu. , ceci dit, y fait merveille : pas d’épanchements superflus, et même une sorte de discrétion qui pourrait par moments le faire passer au second plan, mais la légèreté et la poésie de son jeu maintiennent en sujétion l’auditeur qui n’a guère d’autre choix que de le suivre dans les aventures de ce concerto. Pas plus de romantisme pesant dans l’accompagnement, bien sûr : laisse entrer l’air frais tout en soutenant avec beaucoup d’attention les options de son exceptionnel soliste.

Après l’entracte, c’est la jeunesse qui domine, avec deux œuvres qui sont les premiers grands succès de leurs auteurs, à dix-sept ans de distance, mais qui toutes deux n’encombrent pas les programmes de concert. Le Scherzo fantastique, il faut le dire, n’annonce pas grand-chose de ce que sera le génie de Stravinsky ; dans la Première symphonie de Chostakovitch, il y a au contraire tellement d’éléments qu’on retrouvera plus tard que l’auditeur ne sait où donner de la tête. Paavo Järvi n’hésite pas à déchaîner les décibels, mais cela n’empêche pas les solistes de l’orchestre de se présenter sous leur meilleur jour au fil des nombreux solos que leur soumet la partition.

Paavo Järvi © Jean Christophe Uhl