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Débuts d’étoile réussis pour Laura Hecquet dans Paquita à Garnier

Laura Hecquet fait ses premiers pas d’étoile du Ballet de l’Opéra de Paris sur la scène de Garnier dans Paquita, aux côtés de l’infatigable Karl Paquette et du sémillant François Alu. Un trio impeccable pour cette reprise à succès…

C’est à l’aune du deuxième acte de ce tube du répertoire romantique français qu’il faut juger la Première de cette nouvelle série de représentations de Paquita, dans la version de Pierre Lacotte patiemment reconstituée pour le Ballet de l’Opéra national de Paris en 2001. Laura Hecquet, toute nouvelle étoile du Ballet de l’Opéra de Paris, s’y révèle enfin lorsque Paquita, libérée après de nombreuses péripéties du mystère de ses origines, endosse avec brio son rôle de jeune dame noble. Avec des lignes parfaites, elle enchaîne dans le pas de deux des fouettés enlevés et des équilibres précis, tenus par un infatigable et imperturbable Karl Paquette, visiblement heureux pour sa partenaire, qui gagne à ce moment le cœur du public.

Ce public restait, en effet, un peu dubitatif devant l’allure toute aristocratique de la nouvelle étoile dans un premier acte très narratif et picaresque. Vive et mobile, Laura Hecquet manquait un peu dans ces premiers tableaux du piquant exotique et sensuel que l’on attend de son personnage, grandi au soleil de l’Espagne dans un camp de Gitans. N’oublions pas que, dans l’adaptation au 19ème siècle de cette nouvelle de Miguel Cervantès, Paquita est une jeune fille de noble famille, enlevée dans son enfance par des Gitans. Face à Karl Paquette, qui incarne le jeune officier français Lucien d’Hervilly, le bondissant François Alu est le chef des brigands, un dénommé Inigo, facétieux, mais parfois brutal.

Ce trio presque comique dans les scènes de pantomime est à son avantage dans l’écrin formé par la scène de Garnier et le jeune et pétillant corps de ballet qui l’entoure. Fraîcheur des villageois dès le lever de rideau, assurance des danseuses espagnoles, noblesse du pas des manteaux lancé par Sébastien Bertaud : scènes de groupe et variations des demi-solistes sont bien réglées, si l’on fait abstraction des hésitations dues au trac.

Germain Louvet, au physique de Prince, en est victime dans l’épineux pas de trois du premier acte aux côtés d’Ida Viikinkoski et Aubane Philbert, mais il se rattrape à merveille dans le deuxième acte, où les danses de bal offrent de nombreux plaisirs raffinés. On savoure tour à tour la Polonaise des élèves de l’Ecole de danse de l’Opéra, les ensembles impeccables dans le Grand Pas ou les enchaînements fluides du pas de deux. On admire au passage le génie et le métier d’un Pierre Lacotte, seul chorégraphe capable de dégager autant de noblesse d’un simple retiré ou d’un rond de jambe. Tout au long de la soirée, l’ensemble de la troupe est soutenu avec vivacité par l’Orchestre des Lauréats du Conservatoire, qui assure brillamment la partie musicale de cette production.

Photos © Agathe Poupeney et Laurent Philippe / Opéra national de Paris

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