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Pavol Breslik, trop romantique pour Janáček

Les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Munich proposent des mélodies et de la musique de chambre.

Rien de plus plaisant, pour un musicien d’orchestre, que de sortir de l’anonymat et de la routine de l’orchestre pour se confronter aux richesses infinies du répertoire chambriste. L’orchestre de l’Opéra de Munich le fait tout au long de l’année, et de manière plus dense pendant le festival d’été, où il dispose qui plus est du cadre prestigieux du célèbre théâtre baroque construit par François Cuvilliés au milieu du XVIIIe siècle. Le clarinettiste brille en toute simplicité dans les Fantasiestücke de Schumann ; le Quatuor de Mozart, lui, souffre d’un déséquilibre entre un piano très affirmé et un peu véhément et des cordes beaucoup trop discrètes, notamment un violoncelle trop effacé pour remplir son rôle harmonique.

Le cœur de la soirée, cependant, devait être le Journal d’un disparu de Janáček – le programme initial annonçait d’ailleurs une soirée entièrement consacrée à Janáček, ce qui était une excellente idée. Sans doute beaucoup de spectateurs étaient-ils là pour , qu’ils avaient pu entendre ces derniers mois dans Lucia di Lammermoor et dans l’Enlèvement au sérail, et ils n’ont sans doute pas été déçus, du moins du strict point de vue vocal. La voix est là, la bonne volonté du musicien aussi ; la poésie, le ton si particulier de Janáček, cette distance presque hallucinée avec la couleur très rustique des textes, l’impression d’un naufrage progressif et consenti, tout ceci qui fait tout le prix du cycle, n’était en revanche pas présent ce soir. Le pianiste Amir Katz ne parvient pas non plus à trouver la touche à la fois chopinienne et moderniste de l’écriture de Janáček. Dommage pour une œuvre qui n’est toujours pas assez présente au programme des salles de concert…

Crédits photographiques : © Neda Navaee