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Les compositrices de musique classique en 369 biographies

Un dictionnaire des compositrices de musique classique, de 1550 à la première moitié du XXe siècle.

Le grand mérite de l’auteur, Mary F. McVicker, c’est d’abord d’avoir répertorié pour nous tous, qui n’aurions jamais pu ou su entreprendre puis mener à terme cet épouvantable pensum, par époques (« The Renaissance Transition », « The Baroque Area », « The Beethoven Watershed », etc.), par pays (Italie, France, États-Unis, Pologne, Roumanie, Norvège etc.), d’avoir aussi, car il le fallait, trié, émondé ces mille Women Composers of Classical Music, pour finalement sélectionner 369 biographies, plus ou moins abondantes.

Compositrices plus ou moins méconnues, voire totalement oubliées, plus ou moins célèbres en leur temps, bref, le grand mérite de Mary McVicker est avant tout d’avoir composé un dictionnaire que nous pouvons, lecteurs, consulter, pour y découvrir telle ou telle information sur Lily Teresa Strickland, Nancy Dalberg ou Marie-Emmanuelle Bayon, sans oublier Elisabeth Claude Jacquet de la Guerre, Elizabeth Billington, Sophie Gail ou Ida Moberg.

Hélas, ces notices biographiques demeurent ici bien trop sommaires, élémentaires, frustes… et nous laissent bien souvent sur notre faim. Bien sûr, on y apprend que Der Wald, second opéra d’Ethel Mary Smith, fort appréciée de Johannes Brahms, amie de , Grieg, Dvorak, Tchaikovsky et quelques autres, sera le premier opéra d’une compositrice à être représenté au Met (1903), et qu’en 1907, Sir Thomas Beecham dirigera à Londres ses Wreckers. On y apprend qu’ dirigera à Berlin, dès 1871, sa Symphonie, malgré le dégoût prononcé des membres de l’orchestre, qu’au XVIIIe siècle, écrivit au moins sept opéras, dont aucun ne fut jamais représenté. On y apprend que pendant la Révolution française, entre 1789 et 1795, une vingtaine d’œuvres furent écrites par des compositrices, dont le Commissionnaire de Julie Candeille-Simon (Théâtre de l’ Égalité, 1794). On y apprend que… Bref, on y apprend beaucoup. Et c’est très bien ainsi.

Quelques pages, plus nourries, consacrées à Amy Beach, , ou Wanda Landowska, nous satisfont davantage. Une longue liste, imposante, d’opéras, écrits par nos compositrices (de la Liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina de , créée à Florence en 1625, à Hosanna de Barbara Giuranna, créée à Palerme en 1978), une excellente bibliographie, une non moins excellente discographie, complètent ce petit volume, véritable trésor, qui regorge de surprises et de découvertes.