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Le Quartetto Italiano, un monument

Une fois de plus, le fait qu’Universal ait dans son giron Decca, Philips et Deutsche Grammophon offre l’opportunité de disposer de la majeure partie des gravures du qui a œuvré pour ces trois labels. Nous bénéficions notamment des intégrales des Quatuors à cordes de Mozart, Beethoven, Schumann, Brahms et Webern. Précisons d’emblée que cette formation, hormis deux microsillons chez Concert Hall (Guilde Internationale du Disque), a également réalisé des enregistrements pour la Columbia anglaise dont la réédition complète dans de bonnes conditions techniques par Warner Classics serait la bienvenue.

Le a enregistré pour Decca entre novembre 1948 et juillet 1952, pour Philips entre août 1965 et octobre 1979, et pour Deutsche Grammophon (dans le Quintette pour piano et cordes en fa mineur op. 34 de Brahms avec le pianiste Maurizio Pollini) en janvier 1979. Les interprétations du Quartetto Italiano chez Philips relatives aux œuvres sublimes de Beethoven et Mozart n’ont jamais vraiment quitté le catalogue, et nous en avons chroniqué les dernières publications des Quatuors de Beethoven et ceux de Mozart avec une admiration tout à fait légitime.

Concernant le coffret Mozart, nous avions regretté à l’époque l’absence des trois délicieux Divertimenti K. 136, 137, 138, ainsi que de l’Adagio et Fugue en ut mineur K. 546 qui étaient présents dans l’édition originale microsillon Philips de la musique intégrale pour quatuor à cordes de Mozart : il était opportun de retrouver ici ces pages manquantes, ce qui est bien le cas. Toutefois ce ne sont pas les seules : des gravures Decca de début de carrière, le gros coffret des années mono nous avait déjà proposé deux CDs reprenant des pages de Haydn, Boccherini, Schubert, Schumann et Verdi ; nous les retrouvons ici, complétées par quatre autres d’œuvres de Haydn, Mozart et Beethoven.

Mais plus important encore, la toute première réédition en CD d’enregistrements Philips jusqu’ici négligés était absolument essentielle, car ils couvrent la période de pleine maturité du Quartetto Italiano : voici enfin à nouveau disponibles les Quatuors à cordes op. 76 n°3 en ut « L’Empereur » et n°4 en si bémol « Lever de Soleil » de Haydn ; op. 6 n°1 en ré et n°3 en mi bémol, et op. 58 n°2 en mi bémol de Boccherini ; n°12 en ut mineur « Quartettsatz » D. 703 et n°14 en ré mineur « La Jeune Fille et la Mort » D. 810 de Schubert (versions d’octobre 1979) ; n°2 en ré de Borodine ; n°12 en fa « Américain » op. 96 de Dvořák ; les trois Quatuors à cordes de Schumann.

De tous ces sommets de la musique de chambre, le Quartetto Italiano nous offre invariablement des interprétations chaleureuses, irréprochables et d’une constante beauté, axées sur la cohésion, la vitalité, l’élégance, une pureté de style alliée à une sonorité homogène et une précision d’intonation infaillible rarement égalée, quelles que soient la difficulté et l’époque du répertoire envisagé. Rien d’étonnant à cela, puisque dès sa création en août 1945 et tout au long des années de son existence, cette formation légendaire s’est toujours attelée à l’étude approfondie et comparative des manuscrits, des premières éditions et autres documents d’époque… et n’oublions pas que ses membres – un temps qualifiés de « neveux de Toscanini » – reçurent les précieux conseils d’une personnalité musicale aussi éminente que… !