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Beethoven : dernière étape au pays du Quatuor à cordes

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Les derniers Quatuors à cordes opp. 127, 130, 131, 132, 135 ; Grande Fugue op. 133. Quartetto Italiano : Paolo Borciani, violon I ; Elisa Pegreffi, violon II ; Piero Farulli, alto ; Franco Rossi, violoncelle. 3 CD Philips « The Originals » 4758685. Code barre : 028947586852. Enregistré en Suisse entre août 1967 et juillet 1969. ADD. Notices trilingues (anglais, français, allemand) excellentes. Durée : 80’35 ; 68’42 ; 66’17.

 

Il est particulièrement révélateur de constater que ce n’est qu’en 1798, après avoir porté à la perfection le Trio à cordes auquel il ne reviendra plus, que Beethoven entreprend la composition de ses premiers Quatuors à cordes, se sentant enfin apte à résoudre les problèmes de complexité et de plénitude de cette nouvelle forme plus adéquate à ses exigences actuelles et futures.

Ce n’est évidemment pas encore dans les six premiers Quatuors à cordes op. 18, où Beethoven fusionne admirablement les styles de Haydn et Mozart tout en apportant son empreinte personnelle et puissante, que le maître de Bonn va briser la forme classique : il faudra pour cela attendre non seulement la série des cinq Quatuors médians – dont ceux dédiés au comte Razoumovski, ambassadeur de Russie à Vienne – dans lesquels il s’affranchit de ses illustres devanciers pour imposer définitivement son propre langage, mais surtout les sublimes Quatuors de la dernière période où la forme est véritablement éclatée.

Dans ses derniers Quatuors à cordes, Beethoven est toujours soucieux de rigueur d’écriture et de perfection classique typique de ses deux prédécesseurs, mais il y apporte ce miracle d’équilibre avec une inspiration ardente d’une liberté inconnue jusqu’alors. Et la substance musicale qu’il veut y exprimer déterminera impérativement le choix d’une structure en cinq, six ou même sept mouvements, respectivement dans les Quatuors opp. 132, 130 et 131.

La Grande Fugue, qui devait à l’origine constituer le Finale de l’op. 130 mais qui fut remplacé par un Allegro aux dimensions plus modestes, ne fait pas exception à cet éclatement de la forme, mais démontre par la même occasion que Beethoven demeure un classique, en dépit de son tempérament impérieusement individualiste et déjà romantique.

Et c’est ce que le parvient à exprimer de façon olympienne, cet équilibre suprême entre pureté formelle et inspiration libre et ardente, en des exécutions pétillantes de vie, admirables musicalement et instrumentalement : ces pages, qui constituent la bible de la musique de chambre, trouvent ici une justesse absolue rarement approchée, tant dans leur intonation que dans leur esprit. Dès lors, la réédition de ces interprétations datant d’une quarantaine d’années s’imposait sans aucune réserve, et il est seulement regrettable que contrairement à la publication originale de ces enregistrements, la répartition en trois disques ait empêché la Grande Fugue de côtoyer sur le même CD le Quatuor n°13 auquel elle était initialement destinée.

Pour conclure, signalons que les deux premières séries des Quatuors à cordes de Beethoven par le sont déjà disponibles sous les références 4758252 et 4758503.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Les derniers Quatuors à cordes opp. 127, 130, 131, 132, 135 ; Grande Fugue op. 133. Quartetto Italiano : Paolo Borciani, violon I ; Elisa Pegreffi, violon II ; Piero Farulli, alto ; Franco Rossi, violoncelle. 3 CD Philips « The Originals » 4758685. Code barre : 028947586852. Enregistré en Suisse entre août 1967 et juillet 1969. ADD. Notices trilingues (anglais, français, allemand) excellentes. Durée : 80’35 ; 68’42 ; 66’17.

 
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