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Une formidable Rétrospective Górecki

Allons, ne nous plaignons pas ! Cette rétropective , qui rend justice au compositeur, s’articule sans conteste autour des principaux chefs-d’œuvre d’un maître polonais majeur et incontournable. Nonesuch nous convie à la rencontre d’une alchimie musicale phénoménale.

Commençons par une musique qui échappe clairement au tout-venant : la Symphonie n° 3 dite « Symphonie des chants de deuil » pour soprano solo et orchestre. Commandée par le Südwestfunk de Baden-Baden et composée en 1976, elle apporta à Górecki, le temps d’un éclair, une renommée internationale après sa création triomphale au Festival de Royan le 4 avril 1977 par l’orchestre commanditaire  placé sous la direction d’Ernest Bour et avec la participation  incandescente de la cantatrice Stefania Woytowicz. Ils l’enregistrèrent en 1982 pour le label Schwann qui en écoula plus d’un million d’exemplaires ! La Symphonie n° 3 déclencha approbations  dithyrambiques et critiques impitoyables mais elle ne laissa personne indifférent.

Elle installe, au sein de la musique sérielle omniprésente, un îlot de réflexion sur la condition humaine portée par trois chants d’affliction. Maître des variations d’intensité, de l’élaboration poignante d’un discours bouleversant, d’une utilisation habile des chansons folkloriques et médiévales, du mélange idiomatique d’éléments archaïques et d’individualité, tel se révèle Górecki. Impossible donc de demeurer insensible à tant d’intensité émotionnelle. La superbe version de cette rétrospective Nonesuch revient à et au London Sinfonietta dirigés par (1991). Le climat change profondément 34 années plus tard (2010) avec une Symphonie n° 4 sous-titrée « Tansman Episodes » confiée ici en 2014 au London Philharmonic Orchestra dirigé par Andrey Boreyko. Moins lyrique,  moins minimaliste et moins traditionnelle certes,  mais intense  avec son atmosphère à la fois introspective et vaillante, colorée par des emprunts folkloriques entraînants. Pourquoi l’ignorer plus longtemps ? Les 7 CD de ce coffret dispensent tant de moments exquis qu’il faudrait les citer tous !  Les trois premiers quatuors à cordes fourmillent de merveilles empruntant la rêverie, les répétitions rappelant Chostakovitch, avec leurs alternances de cris déchirants et répétés et de pathos impressionnants. Chaque œuvre  offre l’opportunité de s’immiscer plus avant au sein du monde fécond et généreux d’ (par exemple encore, le troublant Miserere pour chœur et orchestre marqué par sa sensibilité religieuse…). Les  nombreux interprètes retenus signent une somme inestimable.

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