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A Deauville les anciens communient avec leurs cadets

Pour l'ouverture du 20e anniversaire du festival de Pâques de Deauville, le programme associait les « membres fondateurs » , et Nicolas Angelich à de jeunes solistes à l'orée de leur carrière. Il y a dans cette transmission entre générations et cette communion dans l'excellence musicale quelque chose de profondément émouvant qui rend ce festival inimitable.

Pour célébrer le vingtième anniversaire du festival de Pâques de Deauville, son directeur artistique Yves Petit de Voize a mis les petits plats dans les grands. En trois grands week-ends du 23 avril au 7 mai 2016, il a concocté un programme où les plus grands chefs d'œuvre de la musique de chambre et même symphonique sont confiés à des interprètes issus de la fine fleur des musiciens français. Les générations se côtoient dans un grand brassage fraternel où les ainés présents lors du premier festival reviennent jouer avec leurs cadets.

La soirée d'ouverture débutait par quatre mouvements de la sérénade Gran Partita de Mozart interprétés par l', l'occasion de vérifier une fois encore que les vents français demeurent, sans chauvinisme, les meilleurs du monde. L'orchestre s'élargissait ensuite aux cordes pour constituer l'atelier de musique, formation Mozart chaque année renouvelée. Sous la direction enjouée de , admirablement secondé par , le violon solo du « Philhar », l'ensemble accompagnait d'abord dans le Troisième concerto de Mozart. On retrouve toujours avec bonheur la sonorité impériale du violoniste français, et quelques menus décalages avec l'orchestre ajoutaient plus à la vie et à la spontanéité de l'exécution qu'ils ne gênaient réellement les auditeurs. La soirée s'est achevée par une exécution vif argent de la 5e symphonie de Schubert ; dans l'acoustique à la fois proche, précise et généreuse, de la magnifique salle Élie de Brignac, la ferveur de ce jeune orchestre « pur et ardent » selon les mots si bien trouvés d'Yves Petit de Voize a transporté les auditeurs.

Le lendemain, la musique de chambre resplendissait avec une exécution enthousiasmante du sublime concert de Chausson. L'excellent entourait avec une attention de tous les instants deux des initiateurs du festival, et Nicolas Angelich, présents dès 1997 et demeurés d'une exemplaire fidélité. On reste émerveillé par la poésie et la perfection du jeu d'Angelich dans une page difficile techniquement et spirituellement, tandis que Capuçon a fait preuve d'une élégance et d'un lyrisme adaptés à la partie flatteuse que Chausson a écrite pour Ysaÿe, le dédicataire de l'œuvre. Après l'entracte, les Hermès étaient rejoints par le pour une interprétation très enlevée de l'Octuor de Mendelssohn qui a conquis le public deauvillois. Un conseil, profitez des deux prochains weeke-ends pour faire une excursion à Deauville et savourer la magie du lieu et une programmation exemplaire d'intelligence et d'imagination. Après tout, on n'a pas tous les jours vingt ans !

Crédits photographiques : © CLaude Doaré

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