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Petite messe solennelle au festival Classica

C’est un retour aux sources de redécouvrir La Petite messe solennelle dans sa simplicité, deux pianos et un accordéon (remplaçant l’harmonium) comme seuls instruments. Aux dires de Rossini, c’était le dernier péché mortel de sa vieillesse !

Ce testament musical apparaît comme le dernier regard jeté sur la croix  – ou un rire sarcastique – pour voiler le néant de la mort. Belle unité sonore amplifiée par l’acoustique du lieu. La part belle revient aux deux solistes féminines, en tête. La soprano turco-canadienne a les qualités requises de belcantiste rossinienne avec une grande amplitude dans la virtuosité pour interpréter les parties les plus exposées de la partition. La voix somptueuse de la mezzo-soprano possède les charmes capiteux des voix graves et bien timbrées. Retenons l’Agnus Dei avec chœur, à la toute fin de la Petite Messe, tandis que dans les parties communes, les voix à l’unisson se teintent de couleurs chatoyantes.

Le ténor Éric Thériault, entre autres dans le Domine Deus, laisse entendre un son, certes agréable, mais trop souvent tendu et encore bridé. La basse , a la voix vibrante et chaude. Mais ce sont les ripiénistes, d’une grande justesse d’exécution, sous la direction d’, qui donnent tout le sens de l’interprétation.

Grande maîtrise du côté des musiciens : , au piano et Mélanie Bergeron à l’accordéon évitent les écueils nombreux, rythmes endiablés, brusques changements des tempi, atmosphères paradisiaques ou terre-à-terre, qui parsèment cette partition d’un style inimitable, pas comme les autres. Tous évitent les pièges sournois tendus aux interprètes.

, à la direction, dirige avec l’œil animé qui jette des étincelles. Ou n’est-ce pas plutôt l’étincelle dans l’œil qui mène au paradis ?

Crédit photographique : Festival Classica

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