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Esa-Pekka Salonen met le feu au TCE

Qu’y a-t-il de commun entre Stravinsky, Beethoven et Sibelius ? Sans doute, lors de ce concert au Théâtre des Champs-Élysées, la pâte d’un des plus grands chefs de notre temps, toutes générations confondues : .

Compositeur intéressant, moderniste engagé en Finlande, Salonen est un meneur d’orchestre extraordinairement doué à l’enthousiasme communicatif et inaltérable. Le qu’il dirige depuis 2008 montre ce soir la qualité de ses pupitres, de son homogénéité, de son timbre éclatant.

La Symphonie n° 3 « Héroïque » en mi bémol majeur de Beethoven, créée en 1805,  est le premier grand moment de la soirée. Interprétée avec fougue, avec des tempos plutôt rapides, Salonen lui offre une parure dynamique lui conférant un modernisme aussi bénéfique que parfaitement dosé, sans jamais se départir de la fascinante ligne interprétative des grands orchestres héritiers du romantisme.

Après l’entracte vient le tour d’une des plus fameuses partitions orchestrales de , troisième et dernière mouture de sa Symphonie n° 5 (1919), également en mi bémol majeur. Son génial maniement symphonique, parfaitement rendu, emporte l’adhésion et subjugue. Une longue et trépidante ovation conduit le chef à diriger en bis un extrait du ballet pour cordes Apollon musagète de Stravinsky, compositeur ayant ouvert le concert avec sa Fanfare pour trois trompettes et sa Symphonie d’instruments à vent et dont le chef aime à défendre l’œuvre.

Sous la baguette de Salonen tout est éruption, tout devient musique tellurique ; pour autant il s’impose aussi avec délicatesse dans les mouvements lents qu’il dispense de tout larmoiement superflu. Salonen se montre indiscutablement un digne successeur des Karajan, Klemperer, Muti, Sinopoli, Maazel et Dohnanyi qui l’ont précédé aux destinées de cette phalange de premier ordre.

Photo : (c) C. Barda