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L’Héroïque par Klaus Tennstedt et le NDR Sinfonieorchester

Alors que l’on redécouvre depuis une décennie de nombreuses merveilles dans les enregistrements live de , très souvent bien meilleurs que leurs pendants au studio, à l’instar des trois symphonies de Mahler captées en concert ajoutées à l’intégrale dans un coffret EMI depuis disparu, ou de l’une des plus belles versions de la Troisième parue chez ICA, Hänssler réédite une version studio de la Symphonie Héroïque de Beethoven enregistrée avec le NDR Sinfonieorchester, très supérieure à celle officielle du London Philharmonique Orchestra réalisée à l’époque pour EMI.

Même s’il ne s’agit pas d’un enregistrement pris sur le vif, cette captation montre une urgence et un naturel bien supérieurs à ceux de la proposition du chef avec son orchestre anglais. Ici, avec le NDR Sinfonieorchester, dès l’introduction de l’Allegro con brio, la dynamique fluide s’accorde à des attaques franches et un appui bien marqué sur chaque première note de mesure. Les cuivres (0’52) ajoute au plaisir remarquable des cordes, à commencer par des violons superbes d’énergie (2′).

L’atmosphère boisée se dégageant de cette lecture d’une légèreté et d’une vivacité particulières contrecarre toute vision héroïque et s’oppose à la plupart des versions germaniques, à commencer par les Karajan (Berliner 62, 77 & 84, DG) ou Böhm (DG), comme à celles plus solennelles, façon Giulini (Los Angeles, DG). Prise lentement, la Marche funèbre ne porte pas particulièrement son nom, et se développe plus à la façon d’un adagio brucknérien dont le thème principal prend le temps d’être énoncé puis adapté. Aucun pathos ne vient altérer ici l’ambiance lumineuse du premier mouvement, même si s’installe tout de même une véritable réflexion.

Le Scherzo baisse peut-être quelque peu de niveau, mais dès le premier accord du Finale, on retrouve la puissance et en même temps la ligne claire et fluide si superbe du premier mouvement, dans un geste enlevé emmenant avec souplesse mais vigueur les cordes et surtout des premiers violons de très haute volée, avant une entrée de la petite harmonie pour préparer au tutti, fantastique dans la réserve de puissance qu’il implique. Puis c’est une magnifique accélération pour la modification de tempo, rigoureusement basculé d’allegro molto à poco andante, avec une battue toujours très nette et jamais discutable sur le rythme. Ce rythme qui accélère une dernière fois pour passer à un Presto impressionnant de maîtrise, avec là encore des accords francs, et en même temps jamais lourds.

En complément, l’Ouverture de Coriolan démarre sur les mêmes sphères, avec force et dynamisme, la légèreté étant cette fois mise de côté pour appuyer un propos dramatique fort, magnifiquement porté par les cordes et tout le NDR Sinfonieorchester. Un superbe CD qui vient s’ajouter aux grandes versions existantes de l’Héroïque, et sera indispensable à tous les passionnés du chef !