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Avec un rythme soutenu, le label ICA multiplie les parutions historiques en provenance des archives de la BBC. Outre d’inévitables concerts Mahler du géant Klaus Tennstedt, on découvre des titres russes intéressants et un incunable sous la direction du vénérable et légendaire Adrian Boult.

 

(1906-1975) : Symphonie n°10 en mi mineur, Op.93 ; (1840-1893) : Melodrama extrait de la fille des neiges ; (1844-1908) : La légende de la ville invisible de Kitège (extraits). Orchestre symphonique d’Etat de l’URSS, direction : . 1 CD ICA. Référence : ICAC 5036. Enregistré en 1968 à Londres. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 62’17

Au soir du 21 aout 1968, les armées du Pacte de Varsovie, aux ordres de Moscou, envahissent la Tchécoslovaquie pour mettre fin au Printemps de Prague. Mais, ce même soir, l’orchestre d’Etat d’URSS se produit au Royal Albert Hall de Londres dans une ambiance survoltée et hostile…D’autant plus que dans première partie, l’orchestre et le chef rejoints par Rostropovitch avaient donné le Concerto pour violoncelle du Tchèque Dvořák ! Le début de la Symphonie n°10 de Chostakovitch donnée en seconde partie, commence donc avec quelques interventions très sonores de contestataires ! Mais le chef se plonge dans la partition et captive le public. Bien évidemment avec un Svetlanov survolté et enragé, cette lecture captive par sa force dramatique et son énergie. L’orchestre tient le choc, même si à la fin des années 1960, le chef n’est pas encore en osmose totale avec des musiciens dont il vient de prendre la tête. On sent l’orchestre un peu hésitant à rentrer dans la vision de chef avec un  « scherzo » qui manque un peu d’acuité instrumentale, mais la tenue de « l’allegretto » et l’emportement de « l’andante-allegro » final clouent l’auditeur au fauteuil. Les miniatures russes en complément sont un digestif sympathique mais un peu vains après un tel souffle. La prise de son radio manque tout de même de présence et de timbres ! Un beau disque à réserver aux admirateurs du chef !

 

(1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur Op.36 ; Modest Moussorgsky (1839-1881) : Une nuit sur le Mont chauve ; (1891-1953) : L’Amour des trois oranges, Suite Op.33 bis. David Wilson-Johnson, baryton ; , BBC Symphony Chorus et , direction : Gennadi Rozhdestvensky. 1 CD ICA Référence : ICAC 5035. Enregistré entre 1979 et 1981. Notice de présentation en : anglais, allemande et français. Durée : 68’34.

Entre 1978 et 1981, Gennadi Rozhdestvensky fut à la tête de l’orchestre de la BBC. Ce volume de la collection ICA nous le présente, au pupitre de la phalange, de Londres à Karashiki (Japon) et passant par Leeds pour défendre le grand répertoire russe. Chef profondément imprévisible mais charismatique,  Gennadi Rozhdestvensky est ici en grande forme. Sa Symphonie n°4  de Tchaïkovski est archi-efficace et presque exemplaire ! Pas de recherches philosophiques derrière chaque note, juste une lecture bien rectiligne et carénée qui avance à bon rythme.  Du côté des compléments, la suite de l’Amour des trois oranges pétarade comme il se doit et la version chorale de la Nuit sur le Mont Chauve convoque ombres fantomatiques en les sabbats de sorcières ! Un beau disque de musique russe hélas handicapé par une prise de son assez avare de couleurs.

(1860-1911) : Symphonie n°3 en ré mineur. , mezzo-soprano ; Eton College Boys Choir ; , direction : . 1 CD ICA : réference ICAC 5033. Enregistré en 1986. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 101’02.

De l’inévitable fournée Mahler, on retrouve une lecture de concert de la Symphonie n°3 sous la baguette de Klaus Tennstedt. Captée en 1986, soit 7 ans après la lecture officielle EMI, cette version marque une belle constante dans l’approche avec des tempi très stables entre les deux interprétations. Tennstedt est ici à son sommet avec une vision assez lapidaire et rapide qui a l’avantage de « porter » la pièce du début à la fin. L’unité et la cohésion des mouvements sont des maîtres mots, là où bon nombre de ses collègues voient une succession d’épisodes. Toutes les tensions musicales, artistiques et politiques de l’Europe centrale de la fin du XIXe siècle explosent sous cette baguette qui transforme cette symphonie en marche funèbre sans rédemption possible. Parent pauvre des interprétations, le dernier mouvement, est ici arraché avec un souffle dramatique vertigineux. Pratiquant Mahler avec ses musiciens depuis près de 10 ans, le chef et ses instrumentistes arrivent à une entente parfaite. C’est incontestablement l’une des grandes lectures de la pièce.

Dans le même temps, ICA, réédite en vidéo, l’ultime prestation de Tennstedt au pupitre du LPO. Il s’agit d’un concert de 1988 consacré à la Symphonie n°5 de Mahler. Cette interprétation creusée à même la roche était déjà disponible en audio seulement chez EMI. Bien évidemment, il est impressionnant de voir diriger, alors qu’il était très malade, ce grand musicien, mais la captation très statique et les couleurs éteintes ne peuvent pas être considérées comme une plus-value (référence ICAD 5041)

Ralph Vaughan-Williams (1872-1958) : Symphonie n°8 en ré mineur, Job : A masque for dancing. , direction : Sir . 1 DVD ICA. Référence : ICAD 5037. Enregistré en octobre 1972. Notice de présentation en : allemande, anglais et français. Format image 4 :3. Format son non précisé. DVD toutes zones. Durée : 73’15

Le 12 octobre 1978, Sir , est au pupitre de son London Philharmonic pour célébrer les 100 ans de la naissance de son ami ! Agé alors de 83 ans, l’alerte   reste toujours impressionnant par sa technique d’une économie savante et ses conceptions d’un équilibre et d’un dosage toujours parfaits. Auteur de deux intégrales des symphonies (DECCA et EMI), Boult est évidemment à son aide dans la Symphonie n°8 dont il fait ressortir la solidité de la construction et le brio de l’orchestration avec ce qu’il faut d’objectivité ! Quant à Job, c’était l’une des pièces favorites du chef et il la grava à 4 reprises tandis qu’il la programmait régulièrement, même en tournée. Les détails de l’instrumentation et la puissance de la pièce brillent sous cette baguette classieuse ! L’image, pour le début des années 1970, est très satisfaisante. Un beau DVD d’archive donc !

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Avec un rythme soutenu, le label ICA multiplie les parutions historiques en provenance des archives de la BBC. Outre d’inévitables concerts Mahler du géant Klaus Tennstedt, on découvre des titres russes intéressants et un incunable sous la direction du vénérable et légendaire Adrian Boult.

 
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