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Leonardo García Alarcón redonne vie à une Passion de Scarlatti

Les mises en musique de la Passion selon saint Jean sont nombreuses (notamment Cipriano de Rore au XVIe siècle, Heinrich Schütz au XVIIe, et surtout Johann Sebastian Bach au XVIIIe siècle). Celle d’ qui nous intéresse ici daterait, d’après des recherches musicologiques récentes, de 1685, ce qui en ferait la première passion écrite en Italie au XVIIe siècle, contemporaine de celle de Gaetano Veneziano (enregistrée d’ailleurs en 2015 par Antonio Florio chez Glossa) et, chose rare, destinée à la liturgie catholique.

La Passio secundum Johannem de Scarlatti a déjà fait l’objet de quelques enregistrements depuis la fin des années 1950, en particulier celui de Fritz Näf avec la prestation marquante de René Jacobs en Evangéliste (DHM, 1981). Dans cette brève œuvre de jeunesse chantée en latin, confie cette partie (Testo) essentiellement en « recitar cantando » à une mezzo-soprano, , le basse tenant quant à lui le rôle du Christ.

Intercalés entre les six scènes de cette Passion, le chef argentin a retenu des Responsori per la Settimana Santa du même Scarlatti (1705), confiées au qui interprète également la Foule dans l’oratorio et dont sont issus des solistes pour les petits rôles (Ancilla, Pilate, Pierre, Judas).

Le plateau artistique, notamment l’Orchestre et le Chœur, est de fort bonne tenue, expressif dans cette évocation de la crucifixion qui n’a néanmoins pas du tout la théâtralité des Passions de Bach par exemple. L’œuvre de Scarlatti est en effet plutôt austère, dans le registre du recueillement. Touchante à défaut d’être bouleversante, ne démérite pas, loin s’en faut, mais le timbre assez monotone fait pâle figure comparé au témoignage de René Jacobs.

Une parution néanmoins intéressante d’une Passion selon saint Jean rare et originale, somptueusement réalisée par .

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